RIM AND KASA - “Love Me For Real”, enregistré en 82 à San Francisco et sorti sur l’anecdotique label Sum Sum Records.

On avait accès jusqu’à maintenant à un edit de Red Greg sur sa compile Under the Influence, c’est désormais dispo sur une très belle réédition comme BBE savent en faire, qui réunit le mini album Too Tough et deux pistes disponibles sur deux maxi sortis quelques années après.

A peu près tout ce qu’on peut trouver sur Rim Kwaku Obeng sort du site internet BBE et des liner notes très romancées dIsidra Person. Je pense qu’on peut aller direct à l’essentiel, à savoir qu’il en a vu de toutes les couleurs avant de nous offrir l’imparable piste qu’on entendra dans quelques instants.

Rim, de son vrai nom Samuel K. Mfojo, a baigné dans le rhythme dès le plus jeune âge, comme beaucoup d’enfants Ghanéens, avec tout de suite un succès remarquable. Convaincu par sa mère, douée de pouvoirs chamaniques (eh ouais, classe !), qu’il accomplira de grandes choses, il est remarqué dès 18 ans aux percussions et à la batterie par le chef Ashanti de sa communauté et se retrouve à 26 ans dans l’un des plus gros groupes Ghanéens de l’époque, le Uhuru Dance Band.

Avec un background dominé par la musique High Life, LA musique Ghanéenne que Fela Kuti prendra comme base de ce qu’on appellera l’Afrobeat, il suit l’un des membres de l’Uhuru Dance Band, Duke Oketa, direction Los Angeles… sur un projet qui tombera à l’eau.

Le même Duke s’opposera à la proposition que fait Quincy Jones à Rim de le rejoindre et le laissera du jour au lendemain dans la panade, seul, sans papiers, à la rue, à Londres. On est en 73, et le jeune homme a une mine piteuse.  C’est une ancienne connaissance qu’il croise au Ronnie Scotts qui va le remettre sur les rails. Quatre ans plus tard, il enregistre son premier disque à San Francisco - lui aussi fraichement réédité par BBE -, qui prend pour titre Rim Arrives.

On est tenté de dire “il était temps”.


Le musicien se fait remarquer comme le premier percussionniste qui se sert de baguettes de percussion africaines traditionnelles sur des fûts manufacturés “à l’occidentale” mais force est de constater que son premier disque n’a pas fait mouche et reste une oeuvre plutôt confidentielle.

Moins homogène que le premier album, Too Tough présente des pistes hybrides, où on convoque la funk, les rythmes africains, la disco et le reggae, tout en cherchant à s’en démarquer au nom d’une musique nouvelle, comme le suggèrent les paroles du titre “I’m A Song Writer”.

Avec un staff qui comprend plus d’une dizaine de musiciens, dont la fameuse Kasa à la voix si aguicheuse, Love Me For Real est un melting pot parfaitement équilibré entre les rhytmes de la musique Highlife, des gimmicks latins qui rappellent vaguement Kid Creole, la précision et la présence d’un beat boogie façon Patrick Adams et des synthés cosmiques qu’on entend après le classique pont vide de mélodies et bourré de percus, qui traduit sans aucun doute l’envie de faire de cette piste un succès de pistes de danse… Sans parler de la vigoureuse ligne de basse jouée par Baba Tounde alias Anthony Milliner et d’une section cuivres directe et efficace.

Un tube de dancefloor… Il a fallu attendre plus de 30 ans mais ce sera désormais le cas ! On écoute Rim and Kasa, Love Me For Real, 1982… Gare à l’asperlute, ça groove chanmax !!


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