Steve Lacy, Steve Lacy's Demo (Three Quarter, 2017)
 

Californie, 2015. C’est l’histoire d’un jeune gars de 17 ans qui, tout juste en train de finir le lycée, voit son destin basculer grâce à la rencontre providentielle d’un autre gars qui le fait rentrer dans un groupe de musique, en pleine éclosion. Deux ans plus tard, le jeune gars a son nom sur les productions d’une liste conséquente d’artistes majeurs.

C’est bien l’histoire de Steve Lacy, le jeune gars, aujourd’hui 19 ans et toujours plus en effervescence musicale, à ne pas confondre avec le saxophoniste jazz du même nom. Le groupe de musique en éclosion n’est autre que The Internet, et au compteur des artistes majeurs on se contentera de citer Isaiah Rashad, Kendrick Lamar, Goldlink, et bien entendu Syd. Curieuse chose que le destin quand on y pense.

Là où certains verront le signe de la providence, d’autres reconnaitront plutôt la chance d’évoluer dans un milieu aussi fertile que la Californie pour tout ce qui touche à la black music. Il n’empêche, il faut savoir se positionner à la croiser des chemins. The Internet vient de prouver, en l’espace de quelques mois seulement, quelle véritable pépinière de talents c’était. Après le magnifique Ego Death nominé aux Grammys en 2015, trois de ses membres nous ont sorti des projets solos plus que réussis. D’abord Syd tha Kid, vocaliste et productrice à ses heures perdues, puis Matt Martians, le batteur du groupe, et donc enfin Steve Lacy.

 

La démo de ce dernier, puisque c’est de cela qu’il s’agit avec les six titres de la maquette, bien que moins aboutie que les projets des deux autres compères, ne déçoit cependant pas les attentes. L’ambition d’un producteur, c’est bien d’avoir un son à soi. Et on s’y retrouve pleinement avec les six titres de la démo : la guitare funky, les lignes de basses rebondissantes, et les voix haut perchées, tous autant d’éléments qui ont participé de la construction du son de Lacy, à tout juste 19 ans. C’est remarquable, surtout si l’on considère que la majeure partie de sa musique est créée et produite sur Ipod.

C’est ça la machine internet. C’est ça la génération Z. C’est ça l’instantané. Et c’est redoutablement efficace pour Steve Lacy qui se voit propulsé sur le devant de la scène comme l’un des producteurs les plus prolifiques du moment. Mais on n’en n’oublie pas les fondamentaux pour autant. La musique de Lacy est empreinte de soul/funk des 70s. D’ailleurs le seul sample de la démo vient de Parliament. « Looks », le titre qui ouvre la démo, semble tout droit sorti d’un Makossa de Manu Dibango. Quand à « Haterlovin », il inclut une boucle rythmique dans la lignée du amen break. Mais autant profiter de sa musique en couleur : on vous laisse avec son clip « Ryd/Red Darks ».

Chroniques - par Willy Kokolo - 25 avril 2017


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