The Men In The Glass Booth, Ground breaking re-edits and remixes by the disco era’s most influential DJ (BBE Records/Differ-Ant)

Le courant exubérant musical de l'ère Disco a émergé en 1970 aux USA. Son but : danser en revendiquant « Born to Be Alive ». Paroles d'un succès qui définissent presque à elles seules le mouvement culturel. 

Il faut se mettre dans le contexte historique, entre la Guerre du Vietnam depuis 1955 jusqu’en 1975 et le scandale du Watergate de 1972 à 1974... Le peuple a besoin d’insouciance, de lieux où se défouler, parler de sexe, de vie nocturne avec une exubérance vestimentaire qui va jusqu’au déguisement. La mode Disco explose. Et l'année 1978 en est considérée comme le sommet. En effet l’industrie de ce courant musical a atteint une recette totale de 22 milliards de francs dont 13 millions uniquement pour le Studio 54, considéré comme la plus célèbre boîte où l’on peut croiser Liliane Carter, mère de Jimmy Carter et John Travolta. Ce dernier, avec la Fièvre du samedi soir, permet de porter le Disco dans le monde entier. L’Europe et la France ne sont pas en rade. Le français Jacques Morali est d'ailleurs le producteur du groupe « Village People ».


The Men In The Glass Booth est un témoignage inédit de compilations des plus grands dj de cette époque, avec un livret de 40 pages qui présente cette histoire. Tout est fait pour faire danser : une métrique 4/4 où tous les temps sont marqués par la grosse caisse et les contre temps par « le charleston » ; une orchestration simple ; des phrases mélodiques répétées en boucle qui évoquent la fête et la vie nocturne.


Dès le début du Disco, les djs mixent et ré-éditent les morceaux pour accentuer les temps forts des morceaux et la ligne de basse, mais aussi pour en allonger la durée. Mais ce n’est qu’en 1975 que sort Ten Percent, le premier album des remix et re-edits des DJ de l'ère disco, car il est hors de question que ceux-ci aillent dans un studio d'enregistrement, lieux réservés uniquement aux musiciens, alors que les DJ sont considérés comme des jukebox vivants. Ce type de remarque est encore dans la bouche de certains, mais les mentalités ont changé et les ont consacrés en artistes reconnus. Cet album en est la preuve.


La place et les mots manquent pour décrire les 30 morceaux de cette anthologie. On signale un coup de cœur pour le travail du légendaire DJ John Luongo - un des plus anciens du disco - avec « Leon Collins – I Just Wanna Say I Love You (John Luongo Remix) » et la très belle introduction vocale reprise par des chœurs. Tout y est, il ne manque plus que le pantalon « pattes d’eph » et à nous le dancefloor ! Mais aussi « Hot Ice – Dancing Free (John Luongo Remix) », du même DJ, où une ligne de basse est reprise par des voies androgynes et qui nous rappelle que nous avions oublié les lunettes Ray-Ban pour compléter l’ensemble. Dans « The Disco Scene (Rick Gianatos Remix) », on retrouve toutes les composantes du disco - l’amour, le sexe et la dance- avec un pupitre de cuivres qui inspirera plus tard le funk.

Mais l'ensemble des morceaux montre aussi le travail de recherche mené par les DJ, comme « The Salsoul Orchestra – Magic Bird Of Fire (François Kevorkian Sunshine Sound Acetate Edit) » où la rythmique brésilienne est relayée par un orchestre symphonique The Salsoul Orchestra. Comment un tel phénomène a-t-il pu disparaître à ce point ? En 1980 le déclin du mouvement disco est associé au sida et à la crise pétrolière qui ne laissent plus de place à l’insouciance. Lors de la Disco Demolition Night, du 12 juillet 1979, au stade de Comiskey Park à Chicago, le DJ Steve Dahl incita le public à détruire leurs cd de disco, alors que la musique était devenue trop populaire et trop joyeuse, selon lui. Mais le disco est-il mort ? Non ! Parce qu'il sera toujours vital d'aimer et danser : « Stayin Alive ».

Chroniques - par Jean-Constantin Colletto - 12 mars 2017


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