Lady Wray, Queen Alone, Big Crown Records, sortie le 23 septembre 2016

Si à New York la « queen of funk » s’appelle Sharon Jones, la « queen of soul » (sans faire injure au surnom d’Aretha Franklin) pourrait-elle être Lady Wray ?

Pour parler de l’album de Lady Wray, il faut revenir en arrière. Quand Lady Wray ne s’appelait que Lady. A l’époque où il s’agissait encore du duo Nicole Wray et Terri Walker qui, après quelques dates auprès de Lee Fields, finirent par sortir un somptueux album en 2013 simplement intitulé « Lady ». Pas loin d’être L’ALBUM de 2013 !

Ce genre de disque qu’on appelle un « instant classic », si on veut faire nos Américains. Un album de classic soul parfait de bout en bout. Une production léchée et de vrais petits tubes sur chaque titre. Pas une seconde de remplissage inutile. Bref, un coup de maître rarement réitéré depuis, à mettre au crédit des petits génies de la soul made in Brooklyn. Non, pas Daptone Records… les autres : Truth & Soul (Lee Fields, El Michels Affair). Mais depuis 2013, de l’eau a coulé sous les ponts de l’East River.

Truth & Soul Records est devenu Big Crown Records et Lady le duo est devenu Lady Wray, après le départ catastrophe de Terri Walker pour se concentrer sur sa carrière solo (avec un album plus que correct sorti sous son nom en 2015). Seule Nicole Wray reste donc à la barre, et ne nous le cachons pas, c’est avec une certaine appréhension que s’est faite la première écoute de ce disque. L’alchimie entre les deux filles fonctionnait si bien, l’énergie était tellement palpable, qu’on pouvait légitimement craindre que Nicole Wray toute seule ne soit pas à la hauteur.

Gros flippe et probable déception en perspective…

Mais quelle ne fut pas la bonne surprise sur les premières notes de « It’s Been A Long Time » le titre d’ouverture de « Queen Alone » ! Une intro qui sonne comme du Jackson 5 croisant Eli « Paperboy » Reed période « Come and Get It » qui perturbe un peu, mais dès que le chant de Nicole Wray rentre en jeu on passe à tout à fait autre chose. Oui, Nicole gère vraiment bien sa barque. Le côté fun du premier album a laissé place à quelque chose de plus posé, de plus grave parfois, mais force est de constater qu’elle traine sa voix avec brio sur les 11 titres de cet album. « Do It Again » le premier single est un parfait exemple de soul moderne interprétée par une chanteuse rôdée au R&B 90s (elle a fait ses premières armes aux côtés de Missy Elliot) et un groupe éduqué aux samples du Wu-Tang. On pourra regretter le petit ventre mou de milieu d’album quand Lady Wray s’aventure sur une ballade pas vraiment bouleversante (« Make Me Over ») mais ce n’est que pour mieux rebondir sur ce qui semble déjà être le prochain tube de l’album, l’infectieux « Underneath My Feet ».

Comme toujours avec les prod Truth & Soul / Big Crown l’influence soul 60s est présente tout du long, mais ce n’est pas un énième album de revival. Juste de la « classic soul », comme elle se doit d’être jouée en 2016. La Queen Alone est belle et bien en passe d’être queen of soul !


 

 

 

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