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Femi Kuti, One People, One World (Partisan/Knitting factory)

Femi Kuti, sans revendiquer un trône, perpétue avec naturel la musique (l'afrobeat : qui allie depuis les années 70 tradition africaine et orchestration moderne, accords de guitare joués en boucle et riffs de cuivre puissants et mélodiques) et le combat de son père, contre la dictature et la corruption, militant pour une Afrique unie et fraternelle (d’où le titre de cet opus). Considérer qu’il est le conservateur du musée de l’Afrobeat-originel-qui-trouverait-sa-source-à-Lagos et dont il détiendrait seul les clefs serait absurde. Au contraire, le musicien entretient la flamme avec soin et humilité, la nourrissant, lui aussi, comme tant d’autres, de ses propres expériences. C’est au Shrine, le club qu’il a créé et où il se produit tous les dimanches, qu’il expérimente en live, joue et fait évoluer ses titres, dans l’énergie de l’échange avec le public.

Dans ce dixième album studio, enregistré sur place, au Nigeria, avec son groupe, Positive Force, Femi Kuti allie une fois de plus révolte et sensualité, avec une maîtrise parfaite du genre, à travers douze pistes généreuses au groove implacable, métissées de ragga, de rythmes caraïbéens et de R&B. Il faut écouter, s’il ne fallait en retenir qu’une, l’envoûtante « Corruption Na Stealing », où la voix de Femi surfe sur le gimmick entêtant de la guitare soukous, se noie en réverbérations dans les riffs d’un orgue soul, avant d’être remontée à la surface par la déferlante des cuivres et portée à nouveau par les chœurs qui scandent le titre avec malice.

Cet opus ravira les amateurs d’un Afrobeat moderne, aux racines profondes et au vocabulaire universel, qui adresse ici un flamboyant message de fraternité au même peuple d’une planète partagée :  « One people One world ».

Chroniques - par Xavier Leblanc - 13 février 2018


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