Renouant le blues avec ses racines berbères, Titi Robin poursuit en quartet sa collaboration avec l'artiste gnawa Mehdi Nassouli, dans une radicalité artistique aspirant à faire éclater les clivages stylistiques. Dès les premières notes, Taziri annonce la couleur. Guitare, bouzouq, voix, guembri, bendir, percussions, accordéon, ribab, palmas... un voyage initiatique sur le pourtour méditerranéen de la musique commence.

S'adonnant une fois de plus à un superbe métissage de traditions multiséculaires, aux confluences  des cultures gitanes, orientales et européennes, le guitariste et joueur de bouzouq Titi Robin s'attelle  ici à nourrir son attrait pour les musiques marocaines, non sans créer une parfaite alchimie des  genres.

Perpétuant l'éternelle beauté des chemins de crête, il s’accapare les faveurs du chanteur et  joueur de guembri Mehdi Nassouli pour illuminer tout ce que l'Afrique du Nord-Ouest a de plus  beau à nous jouer.

Si la vaste dimension spirituelle de cette musique jaillit du duo de tête, on y sent l'empreinte d'un  folklore quasi celtique – notamment sous le jeu de ribab du marocain Foulane Bousshine –, mise en valeur par une section rythmique surprenante. Alors que Ze Luis Nascimento s'adonne à un jeu de percussions mystificateur, imprégné des plus tribales traditions sahéliennes, l'accordéoniste Francis  Varis apporte ci-et-là un phrasé jazz percutant, tendant à façonner le pont musical qui sépare les  rives nord et sud de la Méditerranée.

Arpentant un chemin qui lui est propre, mais toujours dans une démarche d'ouverture au monde, Titi Robin confie sa vision esthétique de la musique : un voyage aux confins des traditions.  Désireux d'en sublimer toute la spiritualité, il choisit Taziri (« clair de lune » en berbère) comme titre à son album. Appuyez sur play et vous embarquerez dès lors sur les eaux du Moulouya pour rejoindre la mer du milieu. Plus que de l'évasion, nous vous promettons une épopée.

Sortie le 21 avril 2015 chez World Village.

Alexandre Lemaire