Romain Pilon - Colorfield Avec Colorfield (deuxième album à son nom), Romain Pilon donne encore une fois raison aux louanges de ses compères d'Outre-Atlantique et signe un recueil de compositions mélangeant modernité, classe et sincérité.

Sélectionné parmi les six meilleurs albums du mois de Novembre par la revue Jazz News, ce disque dépeint à merveille l'efficacité du mariage entre la tradition et l'innovation, ici mis au service d'une expression artistique très colorée. En effet, chaque morceau possède sa propre couleur et semble être élaboré autour d'un sentiment personnel bien précis, le tout procurant une sensation d'intimité rare dans ce domaine musical.

Et c'est là même le concept principal de cet opus: à l'image du courant pictural "Color Field Painting" né à New York durant les années 1940, il se base sur une juxtaposition ô combien cohérente de couleurs distinctes, résultant en l'instauration d'un climat très personnel au guitariste.

Plus les minutes d'écoute défilent et plus le climat se confirme, nous démontrant peu à peu à quel point Romain Pilon est ici dans son élément. Les morceaux s'enchaînent de manière logique tout en se différenciant ouvertement les uns des autres et l'on découvre chacun d'entre eux comme on découvrirait l'image d'un puzzle qui se complèterait devant nos yeux. De plus, l'exécution est irréprochable. Le saxophoniste Walter Smith III fait preuve d'une aisance qui montre bien que le répertoire de Colorfield a été écrit sur mesure pour lui et le reste de la formation (Michael Janisch à la contrebasse et Jamire Williams à la batterie), composée d'anciens camarades de classe du guitariste.

L'esthétique générale de l'album, non sans rappeler celle du précédent, puise une partie de son efficacité dans le constant mélange entre le "traditionnel" et le "moderne". Mélange qui atteint son point d'orgue dès les premières notes de la dernière piste du disque ("7th Hour") dont l'exposition du thème à l'unisson entre la guitare et le ténor fait ressortir son aspect Be-Bop des années 1940-1950. À tel point que l'on se demande combien une composition de Charlie Parker aujourd'hui ressemblerait à ce dernier morceau.

C'est donc encore une fois à l'image du "Color Field Painting" que Romain Pilon associe la modernité à un courant artistique des années 1940, le tout en nous présentant son univers musical très riche et personnel à travers ce qui semble être un "must-have" des albums de jazz moderne.


Antonin Berger

http://www.youtube.com/watch?v=UaKdc0RTs-0

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