http://www.youtube.com/watch?v=p-Cv5iy0NcI

On avait déjà apprécié l’EP solo de Jean-René Mourot. Le pianiste strasbourgeois est de retour avec une formation que l’on devine à son nom : un trio. Adam Lanfrey (cb), Arthur Vonfelt (dms) et Jean-René Mourot. Trois roues qui se révèlent moins prudentes qu’intrépides pour lancer le jeune label sur de grands chemins. Momentanéa est né du désir de monter une structure aux contours malléables, une structure qui n’a que faire des classifications restrictives et dont l’ambition plutôt humble est de créer avec liberté.

Le tricycle a l’équilibre des premières sorties aventureuses, la fougue et les initiatives des gosses mû par leurs envies sages ou capricieuses. Ils explorent des contrées aussi disparates que profondes. « Kyrielle », single s’il y en a, est une suite d’ostinatos où piano et contrebasse rivalisent de lyrisme. C’est à celui qui nous fera le plus chanter. Tête penchée, yeux et front plissés, on se dandine avec mélancolie. Par « Kyrielle », entendez toutes ces aspérités que creuseront les grimaces de plaisir sur vos visages concentrés. Cet art de la mélodie, Jean-René Mourot l’attache à des sonorités parfois brouillées par une basse saturée ou par les cris rauques du saxophoniste invité sur « La cour des miracles ». Entre le tempo très jazz d’« Angry Men’s Blues » et la mélodie plus classique de « Denise », Le Tricycle affiche toute l’étendue de ses sensibilités. Une série de frasques maîtrisées qui ont déjà le mérite d’être séduisantes.

Florent Servia


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