Un sentiment de lourde responsabilité m’envahit lorsque m’est donnée la possibilité d’écrire sur la parution de coffrets ou de rééditions d’enregistrements de légendes du jazz. Nous avions déjà illustré ces difficultés par une chronique pour la parution inédite d’un enregistrement de Duke Ellington qui avait été produit par l’allemand Conny Plank... Quel est le but de la critique si ce n’est guider le lecteur, sélectionner et mettre en avant le plus intéressant dans la myriade de projets qui naissent chaque année ? Quand Sony Music nous livre trois coffrets qui puisent dans le répertoire de Columbia des enregistrements de Duke Ellington, Thelonious Monk et Art Blakey, ces interrogations sont exacerbées par la monstruosité des artistes. On peut dire que l’enregistrement n’est pas de bonne qualité, que le remastering a aplati le son qui en perd son authenticité… Mais face à de tels chefs-d’oeuvres les critiques raccourcissent.

Ces coffrets qui agrémentent ces chefs d’oeuvres d’informations discographiques  et de quelques photos sont de belle facture. Avant noël, les collectionneurs matérialistes loucheront sur ces objets qui pourraient embellir davantage leurs étagères. Heureux soient les novices qui auront enfin la chance d’entrer dans l’oeuvre de l’un des plus grands compositeurs du XXème siècle, de retourner dans les années 50-60, quand les batteurs de jazz faisaient des battles,  et de découvrir en toute confiance l’oeuvre du pianiste schizophrène qui ne quittait jamais ses chapeaux à une époque où les artistes arboraient une classe sobre. Cette année à noël, l'exquise Unknown session (1960) de Duke Ellington accompagnera l'ouverture des cadeaux, avant que vous ne piétiniez en rythme autour du sapin sur la très africaine Drum suite (1957) d’Art Blakey et que vous ne chantiez, un verre de schnaps en main, des airs dissonants de Thelonious Monk à Tokyo (1963). Et personne ne vous reprochera de chanter faux ! 

Florent Servia

Les albums studios de Duke Ellington (1959) :

Ellington jazz party ; Anatomy of a murder ; Festival Session ; Blues in Orbit ; The nutcracker suite ; piano in the background ; peer gynt suites/suite thursday ; Unknown session ; Piano in the foreground ; First Time ! The Count meets the Duke.

La collection complète d’albums live de Monk :

Monk in Tokyo ; Live at the it club ; Live at the Jazz Workshop complete ; Monk at Newport 1963 & 1965 ; Monk big band and quartet.

Les albums RCA/Columbia d’Art Blakey :

The Jazz Messengers ; Hard Bop  ; Drum suite ; Selections from Lerner and Loewe’s ; My fair Lady ; Brigadoon ; Paint your wagon.

Member Login
Welcome, (First Name)!

Forgot? Show
Log In
Enter Member Area
My Profile Not a member? Sign up. Log Out