wpcr000016219_LL On peine à y croire. Avishai Cohen n’aurait jusque là sorti qu’un seul disque en trio. Depuis plus de 15 ans le contrebassiste israélien n’arrête pas. Depuis Adama en 1998, pas moins de 15 disques sont parus et Gently Disturbed (2008) a été son incontestable succès. Qui peut se targuer d’un disque d’or (+ de 100.000 ex. vendus) dans le jazz aujourd’hui ? Avishai Cohen. Tant et si bien que, sans le savoir, l’on aurait tendance à lui attribuer d’autres enregistrements en trio. Mais à la question : « Lesquels ? » le fan reste coi. Depuis Gently Disturbed, rien -excepté Aurora (2009), Seven Seas (2011), Duende (2012) et Almah (2013). Dès après Gently Disturbed, Avishai Cohen étend le champ des possibles, chante et s’adjoint les services d’une tripotée d’instrumentistes qui symbolisent les aventures de l’israélien : oud, instruments à cordes… Avishai Cohen a eu le luxe de faire ce que bon lui semble.

Aujourd’hui, après d’efficaces errements, le contrebassiste retrouve la terre ferme avec From Darkness, une déclaration d’amour à une formation qui charpente la plupart de ses projets : l’inimitable trio. L’essentiel selon ses propres dires. Imaginez un album sans toutes les nuisances ajoutées sous le faux prétexte de la modernité, imaginez la musique dense mais épurée d’un retour aux basiques. Ceux d’un Avishai immédiatement reconnaissable bien sûr. Autour du power trio d’Avishai Cohen flotte une aura de valeur sûre. L’équipe a changé, Shai Maestro s’en est en allé monter son propre trio après Aurora et Seven Seas, alors que Mark Guiliana ne l’avait pas attendu pour vaquer à ses occupations d’électron libre dès 2008. Mais le pianiste Nitai Hershkovits a eu le temps de convaincre le public depuis 2012. Et si Daniel Dor représentait l’inconnue, Avishai est de toute les façons parvenu au stade où le -large- public achète les disques sans plus se poser de questions.

From Darkness ne leur donnera pas tort. Mieux qu’une confirmation, l’album offre une unité nouvelle. C’est là l’évolution majeure. Les trois instrumentistes font corps à travers un son global, uni. From Darkness évacue les respirations encombrantes. D’un souffle les morceaux s’enchaînent et vous laissent pantois une fois l’album fini. Les habituelles boucles et mélodies hypnotiques fidèles aux compositions d’Avishai sont évidemment de la partie et n’en finissent pas de séduire : « Lost Tribe » et « C#- » vous feront ajouter à l’album la voix dont Avishai n’a pas voulu… Pas d’Avishai dans les écouteurs ! Vous vous ridiculiserez en public. Il est dur de ne pas chanter quand Nitai et Avishai s’emportent. Mais c’est dans la rythmique virevoltante que la virtuosité des trois instrumentistes se manifeste le plus clairement. Tout est dans les breaks et les changements de tempi (cf l’impressionnant « Amethyst », un modèle du genre…). Et que dire de l’amplitude qu’Avishai donne au son de sa contrebasse… Une puissance à l’image de ce que sa personne dégage !

Visionnez notre 11ème émission Tapage tournée avec Avishai Cohen en décembre dernier !

Florent Servia

Member Login
Welcome, (First Name)!

Forgot? Show
Log In
Enter Member Area
My Profile Not a member? Sign up. Log Out