Cholet/Boclé/Cholet, Initiatives

C’est une difficile loi que celle de la formule du trio piano/ contrebasse/ batterie : doit-on aller vers du piano accompagné ou favoriser un interplay qui fasse surgir une faconde commune ? Initiatives s’inscrit dans la lignée des trios menés par Oscar Peterson et n’aurait pas déplu au regretté Pierre Bouteiller qui aimait tant le beau piano et les trios exemplaires.

Contrairement à Whispers, le précédent disque de Jean-Christophe Cholet, auquel Djam avait consacré une chronique élogieuse, Initiatives ne s’imprègne pas de l’esprit impressionniste français ; il est moins tourné vers une sombre poésie ; il s’éloigne de l’onirisme, du murmure et de la sobriété mélancolique. Par contre, il s’attache toujours aux aspects mélodiques, à la clarté du discours, sans une once d’excitation, ce qui ne veut pas dire, loin de là, que le swing et le groove sont absents. Nullement révolutionnaire et ne cherchant pas particulièrement à l’être, Inititatives épouse, sans donner l’impression de casser les codes mais avec des prises d’initiative sur un fond d’intellectualité, l’âme du jazz au sens classique.

C’est un superbe travail d’artisans, de compagnons du devoir de la musique. C’est aussi, en un certain sens, une approche familiale et fraternelle puisque, aux côtés du pianiste leader, on trouve, à la batterie, Quentin Cholet ; et qu’on découvre que l'artwork est signé Julia Cholet et la photo de pochette, Gildas Boclé. On s’empressera de relever d’ailleurs que les titres composés par Quentin Cholet (« Le Hautban Part I et Part II », « Nonobstant ») s’inscrivent, par leur classe mélodique, dans les pas du pianiste tout en offrant une certaine modernité d’écriture. Dans «  Ronan », le contrebassiste Gildas Boclé ne déroge pas à la règle : sa composition donne envie de chantonner et les passages joués à l’archet sont les bienvenus.

«  Lili », la plage d’ouverture, se caractérise par la souplesse du jeu du pianiste et par une belle présence rythmique alors que « Cahire » offre un pas plus lent tout en s’attachant à la même esthétique. Les jeux d’eau sur « Nonobstant » enchantent l’oreille à l’égal du discours entre piano et archet de contrebasse sur  sur Middle Of Nowhere ». «  Xingang Road » est une composition plus rêveuse et alanguie, au début du moins.

Chroniques - par Philippe Lesage - 19 mai 2017


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