Laurent Coulondre, Gravity Zéro (Soundsurveyor)


L’heure de la confirmation a sonné pour Laurent Coulondre, après trois albums avec son trio et une participation sur une dizaine d’albums, le jeune pianiste revient cette année pour un projet d’une autre planète.


A tout juste 27 ans, le talent du français n’est plus un secret pour grand monde, auréolé a de nombreuses reprises, il fait partie de la nouvelle garde du jazz français. C’est avec Jérémy Bruyere à la basse et Pierre-Alain Tocanier puis Remi Bouyssière et Martin Wangermée à la batterie, que Coulondre a fait ses classes. Le « trio réversible » ayant déjà sorti trois albums depuis 2011, dévoilant au public un univers étendu, oscillant entre du jazz classique et une fusion plus expérimentale et groovy . Le tout étant aussi bien inspiré par Chick Corea que Snarky Puppy, en passant par Eddy Louis et D'Angelo. La sortie de l’album Schizophrenia leur avait alors ouvert grands les portes de salles et festivals de renommées mondiales (On a pu notamment les retrouver à Jazz à Vienne, en première patrie de Sting.)


Le projet Gravity Zéro est une nouvelle étape franchie par le pianiste, cette fois-ci accompagné par quatre batteurs de renom, à savoir Yoann Serra, Cyril Atef, Martin Wangermée et André Ceccarelli. Cette aventure unique en son genre permet à la formation de pousser les portes des possibles et de s’aventurer dans un univers musical unique en son genre, marqué par le contraste entre une rythmique lourde d’un côté, et les envolées légères de l’autre. Sans gravité, la musique est meilleure, c’est en tout cas ce que tentent de prouver les dix titres qui composent cet album, structuré par des pistes de batterie à la rythmique folle, comme l’incontrôlable « Stricky Brushing ». Il est pour autant difficile de perdre le sens du groove, le jeu de synthé de Coulondre sur le morceau « Gravity Zéro » nous ramène avec plaisir aux années Headhunters du grand Herbie Hancock, toujours avec ce côté schizophrène, la piste de claviers ne perd pas le nord, déroulant un jeu coloré. Ceux qui avaient adoré la finesse du jeu du pianiste sur les deux premiers opus du trio seront heureux d’écouter « Ballade Sous les Pommiers », qui nous prouve que malgré ses excès de heavy funk, ce dernier peut encore nous surprendre par la légèreté de ton toucher, toujours en apesanteur.

En dehors de souhaiter qu’il ne soit plus long, difficile de trouver quelque chose à redire de ce projet quasi indécent par son absence de limites, chaque note restant suspendues dans les airs comme soutenues par la puissance des batteurs. Ces musiciens ayant chacun un parcours varié et toujours aux côtés de très grands noms, le niveau d’accomplissement de cet album est remarquable, et Coulondre réussit merveilleusement bien à faire la balance en face de l’armée de batteurs présents sur le projet. Avec une tournée annoncée, plus des dates estivales à venir, cette formation inhabituelle est donc à ajouter à son agenda, au moins histoire d’avoir vu le premier groupe jouant sur terre sans le poids de la gravité pesant sur sa musique.

Au Café de la Danse le 21 mars, toutes les dates ici


Chroniques - Par Renaud Alouche - 12 mars 2017


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