Emile Parisien, Sfumato (act)

Sur scène, ce saxophoniste ressemble à un charmeur de serpent. Gigotant, se remuant dans tous les sens, le visage emplis d’expressions : Emile Parisien n’a pas fini de bouger.

Son nouvel album, Sfumato, est le fruit d’une carte blanche qui s’est formée sous le chapiteau de Marciac en 2015. Emile Parisien souvent acclamé car habitué – pour rappel, il a fait ses classes à Marciac - s’était alors entouré de ses compagnons habituels : Michel Portal, Manu Codija, Mario Costa, Simon Tailleu, mais aussi Vincent Peirani, et le pianiste allemand Joachim Kühn. En s’entourant de ces musiciens de talents et particulièrement du maitre du piano jazz Kühn, Parisien avait réussi à conquérir une fois de plus le public marciacais. L’alchimie et l’entente sur scène était tel qu’enregistrer un album en devenait une évidence.

Sfumato, c’est aussi une manière de voir les choses autrement artistiquement. A l’origine, ce terme désigne une technique picturale, utilisée par des grands noms de la peinture renaissance comme de Vinci ou Vermeer, pour donner un aspect vaporeux et imprécis à un tableau, et qui s’oppose à l’accentuation et à la vigueur du trait. C’est aussi ça qui fait la force du son d’Emile : imprévisible et difficilement descriptible tant il est éclectique, même s’il reste dans une veine purement jazz.

Chaque instrumentiste, parfaitement représenté sans jamais prendre le pas sur l’un ou sur l’autre, joue un personnage. Ils s’amusent entre eux, tout en partageant leurs univers, et nous racontent des histoires, parfois en plusieurs chapitres comme dans Le Clown Tueur de la fête foraine en trois parties ou Balladibiza. L’album est une balade à l’ambiance assez sombre, et ce dès le Préambule ; on a l’impression d’être dans l’obscurité la plus total, dans le brouillard, et d’avancer à tâtons, en se laissant guider par les notes du saxophoniste et de son quintet, qui se font des fois de plus en plus pressante. Parfois, on entend des accents de free jazz, comme sur Duet for Daniel Humair, joli hommage en piano-sax soprano.

Ainsi, Emile Parisien nous montre une nouvelle fois qu’il sait s’entourer, et que le jazz est un terrain vaste, que l’on peut explorer sans crainte, même si tout n’est pas à découvert… mais plutôt en Sfumato.


 

 

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