The Bad PlusIt's Hard (Okeh/Sony Music)

Après plus de 15 ans d’existence, le trio de Minéapolis présente  son nouvel album : « It’s Hard ».

Ethan Iverson (piano), Reid Anderson (contrebasse) et David King (batterie) nous proposent 11 reprises populaires [qui ne contrediraient pas le propos qu'ils tenaient lors de notre rencontre] aux influences diverses allant de « Jonnhy Cash » à « Ornette Coleman », ou du groupe électronique des 70’s « Kraftwerk » au groupe rock « Yeah Yeah Yeah ».

A la première lecture de cet opus, on ne peut dire si cet album a été arrangé pour mettre en avant, le terrible duo contrebasse/batterie (Anderson, King) ou le pianiste (Ethan Iverson) tant le travail de l’un sert l’autre, et inversement.

En effet, à l’écoute de « Maps », sorte de tourne déstructurée, vrillant sur la musique électronique ou encore sur « Walk the Line » avec un changement de métrique originale, le couple basse/batterie, souvent un peu plus dans l’ombre dans ces formules trio, sort carrément à la lumière. Le point d’orgue étant certainement sur « The beautiful ones » ou sur la version « Time after time ».

Ethan Iverson nous propose quant à lui, une justesse d’interprétation harmonique utilisant avec classe la dissonance sur « Games without frontières » et « Walk the line », rappelant inévitablement l’influence de Monk. L’intensité générale, la douceur et la technicité de son jeu se déploient alors d’un naturel déroutant.

Le coup de cœur revient à la version du titre « The Robot » du groupe Kraftwerk, le titre symbolise et résume certainement l’intensité et l’approche générale des titres de tout l’album laissant la place à l’interprétation des 3 musiciens. Notons le beau pied de nez à la version originale du morceau « Broken Shadow » d'Ornette Coleman, dénotant du live bouillonnant de New-York University enregistré en 1969. La respiration et l’espace sont ici utilisés comme un véritable hymne spirituel qui colle très bien à la fin de l’album.

The bad plus propose donc un album réalisé avec goût, maîtrise technique et justesse d’interprétation. Ces trois qualités qui font que l’âme de ces titres vivent aussi bien que leur versions originales.

À lire/relire, les entretiens avec le trio et Reid Anderson : 

- The Bad Plus, l'avant-gardisme populiste

- Reid Anderson, l'outsider


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