et glo

et glu

et déglutit sa bru

gli et glo

Florian Egli a une drôle de barbe. Florian Egli, tout jeune saxophoniste, a plu à Irène Scwheizer, Bugge Wesseltoft, Elina Duni, et cela indique un brin des esthétiques (le fameux modern jazz mâtiné de rock prog, électro, punk que porte à bout de bras dans Everything Moves Dave Gisler à la guitare) mais aussi un certain talent.

Le quartet du saxophoniste représente avec une certaine solennité une musique de mode sur les scènes germaniques, allemandes comme suisses, qui touillent dans le même brouet ces influences majeures où l'on retrouve dans une formule très écrite un minimalisme fort maîtrisé confronté à des accès déstructurés hardcore à coup de groove binaire et de riffs distendus d'accords pentatoniques à la guitare, le tout tenu par le fil d'archal d'une attention constante et raffinée à la mélodie. A ce titre, ''Old Places'' se situerait quelque part entre le manifeste et l'exercice de style, et ballade l'auditeur au gré de cette polyvalence du vocabulaire et des esthétiques du quartet.

L'album frappe d'abord par la qualité lyrique du saxophoniste et leader, qu'on aimerait parfois entendre plus hors des clous, mais qui n'a de cesse de briller au cours de ces huit titres où il tire souvent la couverture de l'expression individuelle à lui. Le reste de la formation – qui traduit à elle seule le tropisme rock du groupe : guitare, basse (Martina berther) et batterie (Rico Baumann) – s'intègre à merveille dans une sonorité collective léchée et versatile qu'elle magnifie autant dans l'épure aux confins du bruitisme guiorant que dans l'éclat orchestral d'un son si lourd.

Egli (et glo et glu) et sa drôle de barbe séduisent en emportant rarement par la sagesse maîtrisée d'une musique qui intéressera en priorité ceux qui considèrent que Tim Berne, Marc Ducret et d'une certaine manière un bon bout du catalogue ECM constituent les pionniers et seuls hérauts de la modernité musicale des trente dernières années. Dans leurs pas mais avec son identité propre, le Weird Beard de Florian Egli a déjà son mot à dire, dans un format intelligemment court de 40 minutes, et laisse entendre des promesses qu'on ne demande qu'à entendre confirmées pour la suite de cette si jeune carrière. Sans nul doute, Egli s'englugliglolera.

Pierre Tenne

Florian Egli Weird Beard, Everything Moves, Intakt, 2016

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