Flash Pig, Flash Pig (Nome) 

J'aurais peur des redondances, radotages, des tautologies et des redites, mais c'est l'été. Il fait beau, fleurissent les barbecues où l'on cuit le cochon et le reste. Flash Pig est sorti il y a plein de mois, dans un déferlement promotionnel immense (à l'échelle du jazz, restons précautionneux) lié à la trajectoire de chaque membre du quartet, à leur victoire à l'European Jazz Competition, à leurs invités. Peut-être, mais juste un peu, à leur musique aussi.

Flash Pig crisse d'univers polyvoques, affaires d'influences et d'envies musicales. Pour ce qui est des premières, on entend l'écho revendiqué de certains libertaires des années 70 (Haden, Coleman, j'en passe et aussi Jarrett finalement) dont le quartet a retenu une leçon parfois sage et belle, troublée de lyrisme et de mélodie, tout en allant fouailler par moment l'idiome plus free qui compose aussi leur musique (''The Veil''). Influences toujours, la musique répétitive (''Temps''), minimaliste (''Enèf''), le rock, le jazz rock, Tim Berne, tour à tour ou toutes ensembles, encore un album qui démontre la débilité de plaquer les influences sur le jazzeux actuel.

Dans le cas de Flash Pig, le jazzeux actuel consiste en un quartet marqué au sceau du conservatoire de Paris (CNSM) et mené autour des deux jumeaux Sanchez, Maxime et Adrien auxquels s’adjoignent Florent Nisse et Gautier Garrigue. Formation ouverte, Flash Pig potasse son répertoire et sa voix à travers notamment une résidence aux Disquaires qui les voit inviter tout le gratin du jazz parisien, et explique sans doute la maturité d'un disque qui étonne pour des musiciens si jeunes. Explique aussi les invités : Emile Parisien, qui décidément sait s'y prendre, s'éprendre d'un solo grave beau (''No Head''), la discrétion de Manu Codjia, Pierre de Bethmann qui n'a plus besoin de substantifs ou d'adjectifs.

Le dialogue entre ces noms confirmés et le quartet démontre ce que tout le monde savait déjà : ces quatre musiciens-là sont talentueux et ont des choses à dire, que l'on pourrait souhaiter plus iconoclastes mais qu'on ne peut désirer moins séduisantes et belles ; leur musique à fleur du jazz d'aujourd'hui dans sa versatilité et ses multiples tentations, auxquelles Flash Pig cède sans facilité ni préjugé. Une musique ouverte et belle, qui mérite qu'on s'y attarde et en attende les prochains fruits.

Maxime Sanchez : piano / Adrien Sanchez : saxophone / Gautier Garrigue: batterie / Florent Nisse : contrebasse

Invités : Emile Parisien (sax), Manu Codjia (guitare), Pierre de Bethmann (piano)