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Orchestre National de Jazz, Europa Rome (ONJ Records)

Cette fois-ci, c'est la capitale italienne qui est mise à l'honneur au travers de ce nouvel opus Europa de l'Orchestre National de Jazz d'Olivier Benoit. Après les disques dédiés à Paris et Berlin, c'est une nouvelle facette de l'ONJ que l'on découvre et elle est résolument plus abrupte. L'album est constitué de deux pièces – « In Vino Veritas » et « Rome : A TonePoem of Sorts » – la première écrite par le compositeur français Benjamin de la Fuente et la seconde par l'italien Andrea Agostini.

Le résultat sonore est très orienté musique contemporaine et fournit une musique esthétiquement très contrastée et dense. La première pièce alterne systématiquement des mouvements très dynamiques, voire violents, avec des passages plus contemplatifs et énigmatiques. Le contraste se joue aussi dans la présence explicite ou non de pulsation, insufflant des pics de dynamique surprenants – telle l'arrivée du titre « Beta+ Wolrd City » tranchant avec le mouvement précédent par la lourdeur et puissance de son groove.

Par sa direction artistique le disque est moins abordable que les deux précédents. Cependant, il atteste d'une curiosité et audace bienvenue de la part d'Olivier Benoit et de sa formation. Le travail sur les sons de l'orchestre, les différentes techniques de compositions, le déroulement et construction des pièces reste remarquable. Le tout est porté par le talentueux ensemble instrumental qui a sû se mettre au service de ce nouveau répertoire avec brio.

Nos habitudes d'écoutes sont bousculées pour notre plus grand bien. Nous sommes projeté dans les mille âmes de Rome. Tout comme les diverses traces de l'histoire dissimulées à travers la ville, la cohérence de la musique n’apparaît que discrètement au sein de détails avec ingéniosité et inventivité.

En représentant, d'une part, le passage de l'intime à l'exubérance et d'autre part, la cohérence complexe, ce disque dépeint une image fascinante de la Ville Éternelle. Il apporte un caractère singulier à la discographie de l'Orchestre National de Jazz en concordance avec l'idée d'un jazz repoussant sans cesse ses propres frontières.

Benjamin de la Fuente : composition / Andrea Agostini : composition / Olivier Benoit : direction artistique / Jean Dousteyssier : clarinette / Alexandra Grimal : saxophones ténor et soprano / Hughes Mayot : saxophone ténor / Fidel Fourneyron : trombone / Fabrice Martinez : trompette, bugle, piccolo / Théo Ceccaldi : violon / Sophie Agnel : piano / Paul Brousseau : Fender Rhodes, effets / Didier Aschour : guitare / Sylvain Daniel : basse électrique / Eric Echampard : batterie


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