Rosario Giulani, Luciano Biondini, Enzo Pietropaoli, Michele Rabbia, Cinema Italia, Via Veneto Jazz/Jando Music

Encore ! Mais ils vont les user jusqu’à la corde les mélodies du cinéma italien ! Un disque – concept, comme on en fait tant aujourd’hui, autour des thèmes rabâchés de Nino Rota et d’Ennio Morricone, on pourrait se laisser à dire que c’est foncer à pieds joints vers la facilité. Fadaise. Erreur. Mea culpa. Le pari est réussi et sans doute fallait-il être italien pour le réussir, ce pari qui semblait ne pas en être un.

Quels sont les ingrédients qui expliquent que la réponse apportée par le disque soit idéale ? Il y a bien sût le talent, l’inventivité, la musicalité, la sensibilité contemporaine de Rosario Giulani (saxophones alto et soprano), de Luciano Biondini (accordéon), d’Enzo Pietropaoli (contrebasse) et de Michele Rabbia ( batterie, percussions et electronics) . On ne présente plus les qualités de Rosario Giulani mais vanter la sonorité de Biondini est un impératif ; elle file le frisson et épouse idéalement la poésie de Nino Rota. Le secret de la réussite, c’est le doigté et la modestie de musiciens qui savent ne pas écorcher le matériau mélodique de base de ces scies ancrées dans la mémoire collective. Sans jamais prendre à contrepied l’auditeur, ils se donnent le droit de broder des circonvolutions bienvenues et parfois échevelées.

Les mélodies insidieuses, tendrement ironiques et comme en apesanteur de «  La Strada », de « 8 et ½ », de « Romeo e Giuleta » et de « la Dolce Vita » signaient la profonde connivence qui liait Nino Rota à Federico Fellini. Plus vibrante et plus angoissante, la musique d’Ennio Morricone n’en marque pas moins les esprits pour toujours. On relèvera seulement que Rota et Morricone sont tous deux deux des compositeurs à cheval sur la musique classique du XX° siècle (dans les pas de leur maître Ottorino Respighi, l’auteur des «  Pins de Rome) et le sens mélodique populaire caractéristique du chant italien. Des valeurs musicales que des musiciens de jazz ne pouvaient omettre.

Rosario Giuliani : saxophones alto et soprano / Luciano Biondini : accordéon /Enzo Pietropaoli : contrebasse / Michele Rabbia : percussions, batterie, électronique


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