Avec sa grosse moustache et ses lunettes imposantes il n’avait pas le faciès de ceux qu’on oublie. Et pourtant… Vince Guaraldi est comme qui dirait passé aux oubliettes. Aux abonnés absents de la presse pourtant friante de rétrospectives et hommages en tous genres. Il est vrai que Vince Guaraldi est mort en 1976, à l’âge de 47 ans ! Ça fait un sacré bout de temps déjà. Inconnu mais pas trop, ce pianiste californien de son état doit son succès au dessin animé américain Charlie Brown. Autrement appelée Peanuts ou Snoopy, cette bande dessinée qui réunit le chien Snoopy et son jeune maître souvent déprimé, Charlie Brown, a perduré sous l’égide de son créateur, Charles M. Schulz pendant cinquante ans. D’abord adaptée sous la forme d’un documentaire animé intitulé A Charlie Brown Christmas en 1965, une quarantaine d’épisodes spéciaux seront ensuite adoptés par la télé. Vince Guaraldi avait composé pour 17 d’entre eux. Une tapée de morceaux devenus des classiques aux États-Unis, des thèmes bien ancrés dans la tête des millions de téléspectateurs de Peanuts : « Linus and Lucy », « Oh Good Grief », « Charlie Brown Theme »… L’énorme succès télévisé de Charlie Brown s’est répercuté sur les disques de Vince Guaraldi. Une boule de neige que Charlie Brown n’aurait pour une fois pas lancé maladroitement !

  Sur la fin de sa vie Vince Guaraldi aurait été l’un des musiciens de jazz qui vendait le plus de disques. L’album A Charlie Brown Christmas (1965) est devenu un classique de Noël, LE disque à passer pendant le mois de décembre. Mais sa carrière ne se limita pas à l’univers du cartoon. Il fut le sideman du vibraphoniste Cal Tjader ; en tant que leader il signa presque une trentaine de disques, dont un fameux où il explora la bossa nova : Jazz Impressions of Black Orpheus.  L’album est enregistré en novembre 1961 puis publié en avril 1962. Vince Guaraldi y reprend la musique écrite et interprétée par Antonio Carlos Jobim et Luiz Bonfà pour le film de Marcel Camus, Orfeu Negro (1959). C’était l’époque, celle des années 60 où les jazzmen américains s’ouvraient à la musique brésilienne. L’album fut un tournant dans sa carrière et le morceau « Cast Your Fate to the Wind » lui apporta la renommée qui lui permit justement de se faire repérer pour la musique du dessin animé…

Il ne délaissa pas ses influences latines. Au contraire, elles irriguèrent sa musique, et notamment celle qu’il enregistra avec le guitariste Bola Sete (From All Sides, 1965 ; Live at El Matador, 1966). Vince Guaraldi savait swinguait. Si le boogie woogie - sa première formation -  lui avait appris à taper comme un forcené sur le clavier, il resta un modèle de légèreté. Pendant une quinzaine d'années il propagea un univers musical fait de douceur, de swing et d'insouciance !

À écouter :

A Flower is a Lovesome Thing1956, Fantasy records

Jazz Impressions of Black Orpheus,  1962, Fantasy records

A Boy Named Charlie Brown, 1964, Fantasy records

A Charlie Brown Christmas, 1965, Fantasy records

Oh Good Grief, 1968, Warners Bros.

The Definitive Vince Guaraldi, 2009, Fantasy records

Florent Servia

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