Mon oublié du jour présente un avantage de taille dans le cercle des disparus : il n’aurait enregistré qu’un disque. Avec Max Roach.  Vous devinerez qu’il n’est pas batteur et je vous dirais que vous en avez sous la caboche. Parce que Hasaan Ibn Ali était pianiste. Un pianiste instable, avant-gardiste et mort jeune.

Ce seul enregistrement officiel, on le doit à Max Roach qui a usé de son influence pour convaincre l’équipe d’Atlantic Records en 1964. D’ailleurs, l’album est attribué à Roach mais il n’en est que le prête nom commercial !  Les 7 morceaux ont été composés par notre pianiste du jour.

Son jeu très persuasif, la dissonance dans ses harmonies et sa technique renversante ne vont pas sans rappeler le bon vieux Thelonious Monk, contemporain de Hasaan Ibn Ali qui l'aurait inspiré. Ce dernier évoquant plutôt Elmo Hope, mon prochain sujet sûrement. En fait, Hasaan Ibn Ali aurait été l’idole de Monk, alors que McCoy Tyner comme bien d’autres jazzmen de la scène de Philadelphie des années 50-60, aurait appris de lui et Coltrane s’en serait inspiré...

Hasaan Ibn Ali né William Lankford est resté un mystère. Etablie de son vivant, la légende voulait que “le légendaire pianiste de Philadelphie” n’enregistra jamais de disque et ne fut connu que par les plus avertis, jusqu’à New-York où il joua peu. Mais Max Roach a changé le cours du destin en le faisant enregistrer. Décision remarquable qui a fait naître un disque de conversation continue où chacun des membres du trio y va de sa voix singulière. Hasaan Ibn Ali n’est pas un adepte de longues mélodies soyeuses. Sa musique est abrupte et excentrique comme lui pouvait l’être. Il parait qu’il était capable de virer un mauvais pianiste de son siège pour le remplacer… A raison surement ! 

Florent Servia

The_Max_Roach_Trio_featuring_the_Legendary_Hasaan
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