La première pépite de l’année sera soul. C’est une réédition. Elle nous a été ressortie par le disquaire et collectionneur ZAF, sur sa série “Private Wax” pour le label anglais BBE Records. Comme d’habitude sur ce label, le support est léché : réplique de la couverture et du macaron d’origine, un mastering au poil par Jack Adams, et donc cet édit de ZAF d’un morceau légendaire.

L’original, paru sur le label Taurean Connexion, est une pièce quasiment introuvable. J’ai eu beaucoup de difficulté à obtenir de mes informateurs habituels des explications qui iraient au-delà des infos - pourtant précises - présentes sur la pochette. Et je ne m’explique pas trop que ce disque soit si rare, car le premier coup d’oeil annonce le carton, la production soul de studio parfaite, un anthème Black Power.


Les choeurs, le rhodes, les cocotes de guitare, les paroles engagées aux allures de slogans, la chaleur du son, cette pochette au diamant si reconnaissable, tout y est. Le staff n’en est probablement pas à son premier coup: on a là le coeur du groupe Rasputin’s Stash, qui a marqué la scène soul-funk de Chicago de deux albums parus en 1971 et 1974.


S’y ajoutent à la production et au mixage Roger Anfinsen (dont le nom est crédité d’autre part aux côtés de Curtis Mayfield, Gladys Knight, ou Linda Clifford) et Theresa Davis, dont la voix était déjà connue à l’époque au sein des Emotions, signature du label Stax. Dans la panoplie de la présentation Soul, on a aussi les habituels remerciements du compositeur, Martin Dumas Jr, à toute sa famille, ses soutiens, et dieu.

Le truc étonnant est qu’on ne trouve la date de sortie de ce disque nulle part. Même pas dans ce qu’annonce BBE sur la réédition. Alors je me permets deux hypothèses, une pragmatique et une poétique. La première serait que ce projet soit une parenthèse dans l’histoire du groupe Rasputin’s Stash, peut-être dans une période creuse entre leurs deux albums, qui sont signés sur deux labels différents : Cotillion (filiale d’Atlantic) et Gemigo.

La seconde serait qu’ils ont voulu que cette piste soit intemporelle.

Je crois que c’est le cas.

 

Martin Roquette

 

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