Hot 8 Brass Band, la musique du peuple

Hot 8 Brass Band, la musique du peuple

Entretiens - par Hugues Marly - 12 décembre 2017

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C’est au théâtre de la mer que chaque été se tient le festival Jazz à Sète, un cadre idyllique où les musiciens programmés se produisent sur scène dos à la méditerranée. C’est là que en juillet dernier, le Hot 8 Brass Band transportait son groove contagieux et son sens de la performance imparable. Une belle occasion de s’entretenir avec Bennie Pete, meneur de la formation.

Comment définiriez-vous l’identité musicale du groupe ?
C’est du fun. C’est plein d’énergie. Il y a beaucoup d’épreuves qui ont influé sur notre musique. On a traversé beaucoup de moments difficiles, même avant Katrina. Tout ça nous a permis de devenir plus forts. Quand tu écoutes notre musique tu peux sentir la souffrance, la joie, le bonheur. A un moment donné, tu peux être heureux, sauter dans tous les sens et à un autre moment tu peux verser une larme. Ça dépend de comment tu te sens au moment où tu écoutes notre musique et jusqu’où tu la laisses t’emporter.


Vous faites des reprises de rap et de soul, d’où est-ce que ça vient ?
Cette partie de notre répertoire vient surtout de nos fans. Chez nous, nous faisons ce que nous appelons des second line, c’est comme une parade qui dure quatre heures, donc quand nous étions plus jeunes, en train de créer notre identité, ce que nous voulions, c’était être nous-mêmes, et avoir notre propre personnalité musicale. Nous avons beaucoup essayé, monté des compositions originales mais quatre heures de musique, c’est beaucoup. Donc en même temps que l’on continuait à créer, nous écoutions aussi notre public, et nos fans venaient vers nous et nous disaient : « Tel titre serait pas mal, je vous vois bien jouer ça », comme « Sexual Healing », et tous ces morceaux, les gens nous proposaient tout ça. Nous avons grandi en écoutant certaines de ces chansons, quand nos parents étaient à la cuisine et que ça passait à la radio. En tant que musiciens, on veut s’essayer à jouer ces titres. C’était extraordinaire pour nos fans pendant nos performances, ils venaient vers nous et nous disaient : « vous devriez jouer ce titre » et la fois suivante ils nous écoutaient jouer le titre en question, et leur réaction était « Damn ! ». Ils vont s’approprier le mérite mais c’est juste de l’excitation, il vont dire « c’est mon groupe ! », nous on trouve ça cool. On fait tout ce qu’il faut pour arriver à nos objectifs, tant que ça permet à ceux qui nous entourent d’être heureux et dans un bon esprit.


Comment avez vous eu l’occasion de signer sur un label anglais ?
L’un des artistes majeurs du label True Thoughts, Quantic, a eu accès à notre musique, et il l’a fait écouté au staff de la maison de disque. Beaucoup de gens dans leur équipe sont aussi dj, ils mixent en soirée, donc ils se sont intéressés à notre groupe, et ils ont commencé à jouer notre musique dans leurs playlist, il s ont vu une super réaction de la part du public, et ils ont fini par nous appeler. Voyager, était un de nos objectifs, et faisait parti de nos désirs, pour nous, être contacté par ce label, c’était une bénédiction. On les intéressait et vice-versa. On s’est mis sur la même longueur d’onde.

C’était un moyen pour le groupe de jouer en dehors des états-unis ?
Clairement. C’était un moyen pour que notre musique soit jouée, et que des gens qui apprécient celle-ci  s’assurent que les bons auditeurs auraient une occasion de l’écouter.  

Que pensez-vous de la scène musicale de la Nouvelle-Orléans aujourd’hui ?
Il y a beaucoup d’opportunités. Beaucoup de jeunes musiciens ont l’occasion d’élever leur carrière à un haut niveau, ils peuvent mener leur carrière à bien. Des gens de la ville, comme de l’extérieur peuvent élargir leurs horizons, leurs base de fan, carrément. Tout le monde veut descendre le long du Mississippi jusqu’à la Nouvelle-Orléans, ça a toujours était comme ça, c’est étrange parce que beaucoup de personnes disent que en tant que musicien tu dois quitter la ville pour te faire remarquer et avoir la reconnaissance que tu mérites, parfois c’est vrai mais peut importe, il n’y a aucun endroit comme la Nouvelle-Orléans. C’est comme une ex-copine, elle reste dans ton esprit (rires).

Actuellement, vous préférez enregistrer en studio ou jouer sur scène ou encore dans la rue ?
La rue, c’est la règle de base. Même si c’est pour une ou deux chansons, remonter les rues de la Nouvelle-Orléans en jouant, voir la réaction de la foule, il n’y a rien de comparable. J’adore jouer dans tous les cas mais à l’heure d’aujourd’hui, je dirais : la scène. Cette vue magnifique (il fait un signe de la tête sur le coté vers la mer), c’est le genre de truc dont je rêvais quand j’étais gamin..


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