Robert Finley et le blues de l'espoir

Entretiens - par Hugues Marly - 7 octobre 2017

robertfinley_0097-2-1-977719d6-94e6-44b3-9752-9a8d6d832c4b.jpg

Les bluesman Robert Finley et Dan Auerbach ont mis en musique la bande dessinée Murder Ballads.

On vous parlait déjà de Robert Finley à l’hiver dernier, Robert Finley, soulman dont la carrière a démarré l'année dernière, à un peu plus de soixante ans. Et il ne s'arrête plus ! Le chanteur-guitariste émouvant et vigoureux n’a pas laissé indifférent Dan Auerbach (Black Keys), puisque ils ont collaboré récemment pour les musiques qui accompagnent la bande dessinée Murder Ballads, une histoire du label en faillite d'un homme dont le mariage s'effrite. Sur sa route, il rencontre deux frères bluesmen. Ils seront sa dernière chance. Une combinaison pertinente pour un résultat imposant. L’occasion d’en discuter avec Robert Finley, qui nous a raconté cette rencontre lors de son passage au Cahors Blues Festival, cet été !

Vous avez récemment enregistré « In The Pines » avec Dan Auerbach, comment était-ce ?

C’était génial ! C’était conséquent mais c’était gratifiant. Nous étions dans le studio douze heures par jour, on mangeait dans le studio, on faisait tout dans le studio. Les musiciens, tout le monde était rigoureux dans ce qu’il avait à faire. Ce n’était pas du tout dur de travailler avec eux. Tout le monde était bienveillant concernant mon souci de santé (ndlr : Robert Finley est atteint d’un glaucome). Je ne pouvais pas lire les paroles. Je n’avais jamais vu ces chansons, je ne les avait jamais entendu. Donc on s’adressait à moi dans le casque et on me jouer la musique. J’ai du chanter ce que j’entendais plus que ce que je pouvais voir. Ils m’ont imprimé des gros caractères pour que je puisse prononcer les mots mais je ne pouvais pas vraiment lire parce que arrivé à la moitié de la phrase, tout devenait flou, et je devais recommencer. Je devais compter sur ma mémoire plutôt que sur ma vue donc Dan était patient ! Super patient avec moi ! J’ai réussi à poser comme il le voulait. J’ai beaucoup apprécié, c’était fantastique, ça m’a sorti de ma zone de confort et ça m’a permit de faire ce que je n’avais jamais fait car d’habitude j’écris toutes mes chansons, donc je n’ai pas de mal à apprendre une chanson parce que je l’ai écrite, s’est tiré de ma vie. Toutes les personnes qui ont écoutaient « In The Pines » semblent l’apprécier et j’ai écouté tout l’album, je suis très enthousiaste. Ça va faire disque de platine (rires).

Combien de chansons avez-vous enregistré ?

Nous en avons fait quatre ou cinq pour le comic-book, donc ça doit faire un total de quatorz ou quinze. Je ne sais pas si tout ce que on a enregistré va être utilisé. La Music Maker Releif Foundation s’occupe de la partie business, ils m’ont appelé pour me dire que tout avancer bien, ils m’ont envoyé une démo pour savoir si j’approuvais tout et ça a était le cas. Mais je suis mon pire critique. Je ne suis jamais satisfait de moi même. Je peux satisfaire les producteurs, les compositeurs. Dans un coin de ma tête, je me dis toujours « je pourrais faire mieux » (rires). Si vous etes satisfait, il n’y a pas de place pour évoluer. C’est mon état d’esprit. Si je suis capable de me satisfaire, je ne vais jamais progresser. Le but c’est de toujours s’améliorer. De devenir meilleur. Il ne faut jamais laisser tomber. On a que soit même sur qui compter.

Qu’avez-vous penser des méthodes de travail de Dan Auerbach ?

Il est sérieux dans ce qu’il fait. Il est persistant. Il ne perd pas de temps. Le seul moment pour faire de blagues et se marrer, c’est la pause déjeuner. A chaque fois que on se remettait à l’enregistrement c’était du sérieux, à 10h du matin tout le monde est là, et tout le monde travaille jusqu’à 10h du soir. C’est un des producteurs les plus acharnés avec qui j’ai travaillé. L’acharnement dans le travail, ça paye. Je suis reconnaissant d’avoir pu travailler avec lui. Espérons qu’il m’aidera à obtenir mon premier Grammy (rires).

Et en terme de choix de production et d’esthétique musicale ?

Il avait toujours une rythmique bien particulière en tête. Il connaît des professionnels qui ont leur spécialité. Il veut un batteur qui a déjà joué tel ou tel type de musique et pas quelqu’un qui doit se familiariser avec. Donc tout le monde devait savoir à quoi s’attendre, parce que parfois on va leur dire « je veux ci, je veux ça » . J’étais en studio avec les mêmes gars qui ont joué avec Elvis Presley, B.B. King, Isaac Hayes. Dan a fait venir tous ces musiciens par avion. Je ne pense pas que il se soit beaucoup soucié du coût, il était plus concerné par la qualité du résultat. Je ne pense pas que il soit possible de trouver quelqu’un avec qui ça soit aussi facile de travailler mais il travaille dur.

Est-ce que vous connaissiez la musique et la vie de Leadbellyavant d’enregistrer « In The Pines » (ndlr : premier interprète connu de cette chanson) ?

Je n’en avais jamais entendu parler, et si c’était le cas, je ne savais pas que c’était lui que j’écoutais. Avant l’enregistrement je n’avais jamais entendu cette chanson. Je ne pensais pas que j’étais capable de pouvoir la chanter, quand on m’a joué ma session, j’ai dis : « c’est moi qui ai fait ça ? ». C’était un bon challenge.


Autres articles

Comment

Member Login
Welcome, (First Name)!

Forgot? Show
Log In
Enter Member Area
My Profile Not a member? Sign up. Log Out