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Depuis son fief de Tel Aviv, le Buttering Trio s'est constitué une base solide de fans à l'internationale avec Jam, en 2014, et Toast, en 2013. Figures de prou d'un Tel Aviv ouvert sur le monde, Rejoicer, Kerendun et Beno s'épanouissent quelque part entre la beat music et la nu soul. Threesome, leur troisième album, augure un avenir plus grand public. Ils ont répondu à nos questions dans un rade en face du Mellotron, quelques heures avant un dj set pour la web radio. 

Threesome est un peu différent des deux premiers albums. 

Absolument. Ils sont tous différents. Le dernier est plus proche du 1er, mais avec ses différences. Notre musique est plus mature, plus condensée. Nous vieillissons. Après deux albums, tu en sais davantage sur les dynamiques propres au groupe. 

Le premier album était une chose, le second, son opposé. Et le dernier un mélange des deux, un progrès. 

Il y avait donc une volonté de changement ? 

Nous trouvions qu’il y avait de la magie dans le premier et que le second était très abstrait. Le troisième devait être plus précis, fidèle à la musique que nous aimons. 

Il y avait de la préméditation dans la volonté de produire un rendu plus focalisé. Nous pensions aussi qu’il manquait certains types de morceaux à nos lives. Nous avons donc souhaité qu’elles soient présentes sur cet album. 

Qu’est-ce qui manquait ? 

Des morceaux plus dansants. Cela fait tomber les barrières. Notre show est doux. Quand tu peux danser, les tensions s’en vont. 

Est-ce un succès ? Les gens dansent-ils davantage durant vos concerts, maintenant ? 

Absolument ! Par la combinaison des trois albums, notre set est complet, beaucoup plus énergique qu’avant. 

Vous dites qu’une tension existe entre chacun de vos morceaux et la vision globale que vous avez de votre musique et que vous jouez avec cette tension. Que voulez-vous dire par là ? 

Un concert ou un album sont comme un voyage émotionnel. Il a une couleur globale mais chaque morceau revêt ensuite un éclat particulier. Une chanson peut être explosive ou triste. Nous avons découvert comment raconter une histoire avec notre musique, en la faisant partir d’un point et arriver à un autre point, comme cela peut être le cas du développement de la vie d’une personne. 

Est-ce que vous avez consciemment travaillé là-dessus ? 

C’était déjà là, mais oui, nous avons travaillé sur les détails, le dosage pour que notre musique soit l’objet d’un développement qui a du sens dans le déroulement des titres. 

Avez-vous des influences locales ? 

Il n’y a pas d’autres groupes qui font notre type de musique en Israël. Nos inspirations sont à Los Angeles et dans la scène beat. 

La touche israélienne est là, parce que nous y vivons et y travaillons. Mais la musique est globale. Nous avons d’ailleurs également enregistré une partie de l’album à Berlin, en Allemagne et en Angleterre, à Londres, à la faveur d’une tournée et du temps libre qu’elle nous offrait. Nous avons donc déjà plusieurs sons sur l’album, de par son enregistrement. 

Il y a une scène mondiale de beat music que l’on écoute et qui nous inspire : Flaco, Bonobo… 

Si vous considérez votre musique comme abstraite, qu’est-ce qui la ramène sur terre ? 

Il faut la jouer. C’est en jouant de nos instruments qu’elle a un socle, par la performance. 

Nous nous sommes demandés comment cet album allait être joué sur scène. Ce qui n’était pas le cas des deux premiers albums, qui comportent des morceaux injouables en live. Le projet est de plus en plus solide. 

Qu’est-ce qui vous lie en tant que groupe ? 

Il y a une bonne dynamique entre nous trois. Nous existons sur la durée par notre capacité à travailler ensemble, à nous entendre, à ce que l’un de nous ne soit paspas tétu quand les deux autres s’opposent à lui. 

Et puis nous vivons pratiquement ensemble, nous nous voyons tout le temps, au quotidien. Notamment, parce que nous faisons tous trois partis de L.B.T, groupe de onze membres. 

Qui fait aussi parti de Raw Tapes, label que vous avez créé, j’imagine ?

Oui ! Raw Tapes a d’ailleurs été un soutien fondamental pour le trio. Tout autant que Buttering a permis à Raw Tapes d’être davantage sous les projecteurs. 

Est-ce important pour vous de défendre les couleurs de Raw Tapes et de Tel Aviv ? En êtes-vous fiers ? 

Absolument ! Le label accueille des artistes fantastiques et nous en sommes fiers ! Nous avons sorti tellement d’albums ! Mais ce n’est pas tellement géographique. Le label aurait pu tout aussi bien naître au Costa Rica. 

Mais c’est vrai que c’est très rare en Israël, d’avoir un label indépendant qui soutienne ses artistes sur cette scène musicale. A Paris, les labels aident des artistes de Paris à réussir, c’est très commun. Ce concept a touché Israël et Tel Aviv à travers le travail que nous menons avec Raw Tapes. Nous sommes des pionniers en ce sens. Je ne parle pas de majors, mais bien d’un groupe d’amis qui crée une structure et développe une scène à travers elle. De nombreux autres labels devraient naître à l’avenir. 

Êtes-vous suivis par une génération de musiciens plus jeunes à Tel Aviv comme source d’influence ?

Oui, si vous vous intéressez à la scène beat et que vous connaissez le label Stonesthrow (Los Angeles), alors vous entendez parler de nous, puisque nous faisons des choses ensemble. 

Mais de plus en plus de musiciens de jazz intègrent le label, s’y intéressent… Nitai Hershkovits, par exemple, ou Sol Monk ! Avishai Cohen, le trompettiste… Mais il y en a d’autres, c’est une longue liste ! Raw Tapes s’ouvre à davantage de sons jazz, à des sons post-rock également, alors que c’était très orienté beat à l’origine. Comme Buttering trio, en fait, qui à l’origine était surtout un groupe de beat. 

Vous dites avoir une relation privilégiée avec Stonesthrow. Que voulez-vous dire ? 

Rejoicer : C’est une histoire qui m’est personnelle. Avec un ami, nous avons fondé Raw Tapes en grand fan de Stonesthrow. Ce qui nous a amené à les connaître et à les rencontrer à Tel Aviv, où ils sont venus ou à Los Angeles, où je suis allé et où j’ai rencontrer Peanutbutterwolf, par exemple. Ils m’ont invité en studio et nous avons fait des choses ensemble. Notre ami Michael Cohen est également très lié à eux. Georgia Ann Muldrow, Samiyam ou Dj Romes ont également séjourné à Tel Aviv… 


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