Qui ne connaît pas Knower ? Toi, au fond de la classe ? Session de rattrapage dès maintenant ! Ca va mieux ? Tu as enfin trouvé un sens à ton existence ? C'est normal. 

Le duo déchaîne les internets depuis maintenant quatre ans, fort d'une musique extra-terrestre à mi-chemin entre le dubstep et le space-funk, portée par des clips tous plus fous les uns que les autres.

Ils se sont entre autres associés avec le bassiste Tim Lefevbre (David Bowie, Donny McCaslin...) et le batteur Nate Wood (Tigran, Kneebody), et font sensation partout où ils passent. Ils ont entamé leur tournée d'automne aux États Unis au mois de septembre, avec comme special guest Tim Lefebvre, et continueront au mois d'octobre en Europe, à commencer par les pays nordiques où ils feront quelques concerts avec le claviériste Jonah Nilsson (Dirty Loops). Ils seront à Paris le 21 octobre à la Petite Halle de la Villette dans une formation quintet avec Denis Hamm (Thundercat) au clavier, Sam Wilkes à la basse et Sam Gendel au saxophone. 

À ne rater sous aucun prétexte, au risque de le regretter amèrement.

 

Bonjour Louis, bonjour Geneviève, est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement ? (Âge, instruments, ville)

Louis Cole : J'ai 29 ans, je mitonne des beats brûlants à base de funk, je joue des accords cools et de la flûte en forme de carotte. Le tout servi avec mes sentiments les plus profonds.

Genevieve BigTime : J'ai 34 ans, je suis la chanteuse du groupe : une jolie voix, une funk machine, la cerise sur le gâteau, quoi ! Et on est tous les deux de Los Angeles.

D'où venez vous musicalement ? (Musique classique, jazz, rock, ou autres)

Louis : Mon père pianiste jouait de la chouette musique quand j'étais petit, on a pas mal jammé ensemble. Sinon il m'est arrivé de jouer aux Legos toute la journée en écoutant James Brown. De manière générale, on écoutait beaucoup de musique, jazz, funk, classique, rock, motown etc...

Genevieve : Mes parents jouaient dans un groupe super cool. J'ai grandi autour d'eux en jouant beaucoup de musique.

Quelles sont vos influences musicales, mais également en termes d'identité visuelle ?

Louis : Musicalement, je dirais James Brown, Michael Jackson, Skrillex, Janet Jackson, Ligeti, Bach, Mozart, les Beatles, Tony Williams, Gil Evans, Miles Davis et tellement d'autres !

Genevieve : Au niveau de l'identité visuelle, on est influencés par 2001 l'Odyssée de l'Espace, Tron, Lawn Mower Man, Prometheus, Under the Skin et toutes nos expériences dans la vie.

Quelle importance a cette identité visuelle dans Knower, selon vous ?

Louis/Genevieve : C'est extrêmement important. La musique est le plus important, mais le visuel aide à l'ancrer dans nos esprits.

 

Comment avez vous rencontré Tim Lefebvre, et comment en êtes vous venus à collaborer ?

Louis : Tim est une énoooooooorme influence pour moi. C'est aussi le plus cool et le plus grand mec que je n'ai jamais vu. Dave Binney [saxophoniste], qui est lui aussi très cool, nous a permis de nous rencontrer. Tim me fait absolument halluciner. Je lui ai envoyé un morceau par e-mail, et ça lui a plu.

Selon vous, qui dans les musiciens actuels – de tous styles – seront des références musicales dans 20 ans ?

Louis : Thom Gill, Sam Gendel, Dennis Hamm, Tim Lefebvre, David Binney, Spencer Cole, John Keek, Richard Sears, Nora Germain, Sam Wilkes, et tant d'autres personnes que j'oublie.

Pouvez vous me dire un album chacun qui a littéralement changé votre vie, pour n'importe quelle raison ?

Louis : Turn It Over de Tony Williams

Genevieve : Revolver des Beatles

Vous avez clairement une voix unique dans le paysage musical actuel. Comment expliquez vous cette singularité ? Comment êtes vous arrivés à ce son et cette écriture particulière ? Est-ce que vos premières reprises (Britney, Daft Punk) vous ont aidé à définir votre son ? 

Louis/Genevieve : En vrai, on a juste essayé de faire notre musique préférée. Déjà, ça peut aider à trouver son style. On essaye de faire une musique qui fait remonter des sentiments, que ce soit de la joie, de la tristesse, du fun, de la nostalgie, de la folie, ou n'importe quel sentiment qu'il est difficilede décrire. On passe beaucoup de temps à chercher des tournes, des accords et des mélodies qui aident à faire ressortir ces émotions.

Comment le provocateur « Butts, Tits & Money » vous est-il venu à l'idée ?

Louis/Genevieve : Ce morceau est simplement sur l'obsession que nous avons sur le sexe et l'argent. Ce qui ne pose pas forcément de problème, mais qui peut aussi mettre le bordel.

Une dernière question : Il y a un contexte politique particulièrement étrange aux États-Unis (et partout dans le monde) – de Trump aux bavures policières en passant par les scandales de surveillance de la NSA. Pensez vous que les artistes doivent nécessairement s'investir politiquement au travers de leur art ?

Louis/Genevieve : À notre avis, les artistes devraient exprimer ce qu'ils veulent. Ca n'a pas à être forcément politique, cependant ils ne faut pas que les artistes aient peur de parler de tout ce qui merde dans le monde. Et c'est important que l'art ne soit pas créé dans un but financier/

 

Knower / Petite Halle de la Villette / 21 octobre 2016 / 8€/10€.


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