En marge de son concert au Reggetta Bar de Cambridge, j'ai pu boire un thé avec le saxophoniste Ben Wendel. C'est entouré de fleurs et de briques rouges qu'il s'est livré à moi, me parlant notamment de son nouvel album What we bring qu'il présentera en France à partir du 8 octobre.

 

 

Cela fait 4 ans, depuis Frame, que tu n’avais pas sorti d’album en leader. Pourquoi as-tu pris aussi longtemps?

En partie parce que je suis occupé avec d’autres projets. Kneebody me prend beaucoup d’énergie, mais l'idée était de créer un autre univers musicale. Je voulais avant tout proposer une musique différente, plus intimiste et acoustique. D’un autre coté, je suis une tortue et non un lièvre. J’aime prendre mon temps pour développer mes idées. Je ne me suis senti prêt pour un nouvel album en tant que leader et compositeur que très récemment. Je peux aussi ajouter que ma création The seasons m'a pris beaucoup de temps, même si ce n'est pas techniquement un album...

Je trouve que What we bring a une couleur générale plus légère et épurée que Frame. Est-ce que comme le vin, tu évolues au fur et a mesure du temps?

As-tu dis comme du vin? Cest vraiment très francais de ta part (rires)! Plutot que de coller plusieurs idées, plusieurs compositions entre elles, je voulais créer un album qui dégage de l’unité. Je me suis concentré à trouver un nouvel équilibre entre la composition et la personnalité des musiciens. L’album est “plus léger” parce qu’il y a moins de séparation entre ces deux aspects. J’ai composé de facon plus épurée pour qu’il y ait davantage d’espace. Cela permet de s’ouvrir à un mode d’expression différent.

Quel est la signification de “what we bring”?

J’ai eu l’idée de ce titre parce que la plupart des morceaux de l’album sont dédiés a plusieurs de mes modèles comme Ahmad Jamal ou John Coltrane. Aussi on peut dire que “what we bring” fait référence a l’expérience que nous collectons et que nous exprimons tout au long de nos vies.

Tu es un artiste très écclectique : classique, hip-hop, electro, jazz. Pourrais-tu me parler de tes racines ? Je veux en savoir plus sur le compositeur de musique de chambre que tu es qui enflamme le public avec son saxophone (rires).

Ma famille est fortement liée au classique [sa mère est chanteuse d’opera et sa grand mere était flûtiste dans l’orchestre de Toscanini, ndlr]. Mon jeu prend ses racines dans le monde musical du classique et dans ses traditions. Plus je joue, j’apprends ou j’écoute de la musique, plus les barrières des différents mondes que tu as cités s’éffacent. Tu as raison de dire que je suis un musician éclectique, mais pour moi c’est une seule et meme chose. La même! [en francais dans le texte]. C’est le seul mot francais que je connais je n’ai pas pu resister (rires)! Donc je crée ou travaille pour que l'on ne me percoive pas comme un musicien éclectique mais plutôt comme ce que je suis. Toutes ces facettes sont ma facon d’exprimer ce que je suis et d’où je viens.

Comment tu fais pour gérer toutes ces choses en meme temps? Meme si tu n’en considères qu’une, cela fait quand meme énormément à faire...

Je dois être très organisé, et j’ai désormais la chance d’avoir un manager, une agence et un label qui me soutiennent. J’ai toujours suivi ce que j’aime et ce qui me stimule. C’est ce qui me guide pour planifier tous mes projets. Si tu suis ce qui te parle, les choses fonctionnent d’elles-même! Je m’engage dans ce qui me fait grandir musicalement. C’est aussi pour cela que je ne fais plus de projets commerciaux, meme s’il m’est arrivé d’en faire quand j’étais plus jeune.

Que disaient tes parents quand tu écoutais du hip-hop ou du jazz dans le salon?

Ils n’ont jamais rien dit. ils me laissaient tranquille. Pour etre honnête, ils ne pensaient pas que j’allais devenir musicien. Quand j’ai eu douze ou treize ans, un voisin qui collectionnait les vinyles m’a preté une compilation de John Coltrane avec des titres tells que “My favorite things”, “Naima” ou “Giants steps”. Je l’ai beaucoup écouté car j’adorais l’ambiance et la couleur globale. Je suis finalement devenu la première personne dans ma famille qui jouait du jazz. Au début, mes parents ne comprenaient pas les codes, mais pour l’enfant que j’étais il n’y avait pas de genres mais de la musique. Je me laissais envahir par le sentiment de nouveauté et de découverte. Plus je viellis et plus il est difficile de “débrancher mes oreilles”. J’adore entendre de la musique tellement puissante que j’en oublie l’harmonie, les intervalles etc. Quand elle me frappe en toute simplicité et que je ne sais plus ce qu’il se passe.

Derniere question, quelle est la chose que tu adores faire quand tu es en France?

 J’adore le restaurant “L’ami Jean” à Paris (rires). Et je vais définitivement y aller s’ils sont ouverts. Sinon, j’irai probablement voir les catacombes.

Propos recueillis par Thomas Beuf

Voir aussi notre entretien plus ancien avec Dan Tepfer et Ben Wendel, déjà.


 

 

 

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