Edition augmentée du 1992 de Princess Nokia

Brèves - par La rédaction - 8 septembre 2017

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La new yorkaise Princess Nokia a fait un carton avec le rap brut et tranchant de 1992, son premier album. Et la voilà qui en sort une version deluxe, augmentée de 7 titres, un an après la parution initiale !

 

Cette année, à Cambridge, Princess Nokia a frappé un spectateur qui lui criait des remarques sexistes. Féministe, la rappeuse n'est pas du genre à se laisser faire. Dans la première version de 1992, elle sortait déjà « Tomboy », que l'on traduit par garçon manqué en français, dans lequel elle chante « My little titties and my phat belly » (c'est-à-dire, « mes petits seins et mon gros ventre ») et squatte un skate-park dans la version clipée du titre, où elle skate et affiche un slip Superman. Ce petit concentré d'univers en dit long sur l'esprit de cette battante du rap qui n'opère pas de grand chamboulement avec ces 7 titres ajoutés pour la version deluxe.

Il y avait « Saggy Denim » où Princess Nokia contait son amour du baggy. Dans « Goth Kid », c'est un savoir être de gothique plus qu'un style vestimentaire qui est narré : « Gothic is the pain you feel and not the clothes that’s on your back ». Elle dévoile les tréfonds d'une enfance abusée, parfois battue, qui l'a rendue dure, bagarreuse.

« Receipts » laisse penser que les lyrics ont été écrits dans l'année, avec le succès international naissant pour Princess Nokia. « 20k, first class for a one day show / And I made so much back with the merch I sold ». Ego trip clinquant aux couplets drôles, il est l'occasion pour la rappeuse de rappeler à tous sa stature : « I am the real deal, not some SoundCloud hoe » ou, plus loin, « I refuse to be supporting, got my own damn show ». Dans la veine plus old school de l'instru de « ABC's of New York » - qui poursuit l'éclectisme déjà présent dans la première mouture de l'album - elle fait écho avec l'actualité des suprémacistes blancs aux Etats-Unis. Dans ce titre, Princess Nokia dresse le portrait de sa ville et stipule, au sein de cette description : « Livin' in the city you can't be a xenophobe ».

Une affirmation qui vaut pour les villes en général, où la mixité est telle que le racisme est moindre. Chez Princess Nokia, la diaspora culturelle est essentielle. Qu'elle explore elle-même un rap très différent selon les titres n'est donc pas une surprise. Et cette extension de 1992 n'est rien d'autre qu'une confirmation de cela, avec de la nourriture pour l'esprit, pour celle qui revendique son éducation.


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