Low Leaf, la vie, la harpe

Par Noumia Nawell Boutleux - 24 décembre 2016

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Avant d’être une simple artiste, Low Leaf est d’abord un personnage. Cette joueuse de harpe et de piano, mais également chanteuse, se qualifie elle même comme « changeante et en constante évolution ». On ne connaît presque rien d’elle, et elle évite à tout prix les étiquettes musicales, bien trop réductrices à son gout. Végétale, spirituelle et sans filtre, elle et sa musique sont difficilement catégorisables tant elles explorent le monde de long en large. Elle envisage son instrument et sa voix comme un moyen de découvrir et élargir un champ des possibles, qu’elle considère comme quasiment illimités. En utilisant la harpe, instrument que l'on peut considérer comme difficile à exporter dans les genres modernes, elle défie tout le monde en exprimant une musique particulièrement contemporaine et agréable, mélangeant acoustique, hip-hop et musique électronique, en empruntant au passage des sonorités et rythmes à la culture indienne, africaine ou amérindienne : « j’aime utiliser différentes couleurs pour composer, et tirer profit d’une instrumentation plus organique. Ça me paraît assez naturel. » Pour elle, pas de différence entre ce qui est moderne, ancien ou futuriste. Ce qui compte, c’est le présent, qui est une combinaison de tout. 

Son 2eme album (qui est en fait son 6eme projet en tant qu’instrumentiste), Psalm palms, est une ode à la vie dans son sens chronique : « cet album est le témoin des combats spirituelles que j’ai eu ces dernières années, et que j’ai pu résoudre en partie grâce à la création et à la musique. Ça a été une façon de guérir, en quelque sorte ».  En effet, les titres de Psalm palms peuvent être considérés comme des graines de vies, applicables à tous et à n’importe quelle époque. L’amour en est le thème phare, mais aussi l’unité, la paix intérieure, ou encore la nature. Même si elle ne croit en aucune religion et ne veut en aucun cas se porter garante d’un courant de pensée spirituelle particulier, Low Leaf nous prépare à un voyage, qu’elle a tracé toute seule en se préoccupant davantage « rationnelles » plutôt d’influences musicales : nature, méditations, et connexion avec les esprits, comme dans le titre « pupil of the universe », sont ses maitres mots. « Pour cette album, j’ai travaillé seule, mais j’essaye de tenter une ouverture vers la composition en groupe avec d’autres musiciens, ce qui est très inhabituel pour moi car j’ai l’habitude de n’écouter que moi. C’est un peu difficile, j’avoue, mais cela me met dans une situation inconfortable qui me fait grandir ! ».

Ainsi, en se concentrant sur des intuitions et des envies, sans simplement se laisser guider par ce qui a été fait avant elle, Low Leaf créée une musique douce. Pourtant, si on tend bien l’oreille, on peut reconnaître des accents d’Alice Coltrane, une des figures de la harpe, qu’elle considère comme un mentor, mais aussi indirectement par des artistes hip-hop et électro plus contemporain, comme Thundercat, qu’on croirait presque reconnaître dans certaines lignes de basses de l’album, Hiatus Kayote (« It is within », « Inlight »), ou Flying Lotus (« Sun psalm »). Sans se calquer et jouissant d’une créativité originale, Low Leaf s’inscrit pourtant presque malgré elle dans une lignée d’artistes actuelles, qui essayent de réinventer les codes musicaux en confondant tout les genres. 

Low Déjà en plein travail sur d’autres projets, Low Leaf sera en tournée en Europe en avril, et de passage à Paris ! Une bonne occasion pour aller découvrir cette objet non identifié de la scene contemporaine. 


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