Little Simz : vie et ascension d'un it-talent londonien 

par Julie Chiavarino - 21 décembre 2016

Nouveau talent prolixe de la scène londonienne, Little Simz de son vrai nom Simbi Ajikawo, s’est imposée comme un it-talent à suivre au cours des trois dernières années. En 2016, le magazine Forbes l’a même désignée dans la catégorie «des moins de 30 ans ayant marqué l’année ». Comment ce talent « Black Diamond » a été littéralement propulsé sur les radars avec l’irrévocable intention de s’y maintenir ? Focus sur le phénomène Simz.  

A peine âgée de 9 ans, Little Simz écrit l’un de ses premiers textes « Achieve, Achieve, Achieve » au caractère visionnaire et où elle donne d’ores et déjà la pleine mesure de son ambition et de ses aspirations futures. Mais c’est véritablement à 14 ans que tout commence, alors que Simbi Ajikawo vit en recluse dans sa chambre du North London et travaille sur des productions qui n’ont déjà absolument rien d’amateur. Depuis, Little Simz a accompli en un temps record, une vraie odyssée musicale à en donner le tournis. Aujourd’hui, elle totalise près de 5 mixtapes, 4 EP et deux albums, faisant taire à l’unanimité les mauvaises langues pour lesquelles la talentueuse insoumise ne passerait jamais le printemps. 

Ce décollage brillant et sans appel est aussi l’œuvre d’artistes incontournables qui se sont en quelque sorte imposés comme des parrains prescripteurs. À commencer par Jay-Z qui n’a pas hésité à partager la mixtape de Little Simz, « Black Canvas », en 2013. Pour que s’ensuivent des collaborations de choix, notamment avec Kelela, Dizzee Rascal ou Kendrick Lamar.   

Au carrefour des influences

Décrite comme la princesse Grime ou le pendant féminin de Skepta, Little Simz a été biberonnée aux influences rap et soul, et nourrit une dévotion sans pareille à la doyenne de la soul : Lauryn Hill. Preuve en est que Lauryn Hill lui rend bien, puisque Little Simz a même été conviée sur sa tournée « MLH Caravan : A Diaspora Coming ! » lors d’un de ses concerts qui s’est tenu à NYC en octobre. Mais au-delà de ces genres musicaux clairement identifiés, elle puise également ses influences auprès d’artistes tels que James Blake, Ibeyi ou encore M.I.A. Enfin, elle a aussi noué de vraies amitiés à l’image de sa relation avec la prodigieuse Khelani, rencontrée au SXSW d’Austin et avec qui elle a collaboré sur l’envoûtant « Tables ». 

Stillness in Wonderland

Dans son dernier album Stillness in Wonderland, Little Simz s’éprend à rêver et à donner une interprétation tout à fait personnelle et contemporaine du célèbre conte de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles qu’elle imagine dans un très court clip. Elle y déclame l’importance de la place de l’imaginaire et du rêve en tant que valeurs refuges dans un univers au quotidien sombre et violenté, à l’image du titre « Picture Perfect » dans lequel elle décrit sa parfaite planète rêvée. 

De ce conte musical, Little Simz offre un autoportrait sans équivoque où la dichotomie entre réalité et imaginaire est presque palpable. Mais le point de rupture de ce parfait pays des merveilles est incarné sans aucun doute par le titre « King of Hearts » et notamment le morceau « Poison Ivy » où Little Simz fait allusion aux relations humaines toxiques. 

Si Stillness in Wonderland témoigne encore des talents inépuisables et surprises que nous réservent sans cesse Little Simz, c’est aussi par la variété des influences rythmiques de l’album. Sur fond d’accords jazz comme pour « No More Wonderland », d’intervalles R’N’B à l’image de « Low Tides » et « Bad To The Bone » elle décrit la douloureuse confrontation au réel et son refus d’y adhérer par l’isolement.    

Loin de s’essouffler, Little Simz réussit encore un énième coup de maître, où elle démontre que malgré son jeune âge elle ne manque d’aucun professionnalisme, et sait encore une fois nous surprendre. Alors, à quand le prochain ? 


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