Lizz Wright est une chanteuse habitée. Sa personnalité en impose et ne laisse pas indifférent. Après 5 ans d’absence, elle sort l’album Freedom and Surrender sur le label Concord. Elle est restée fidèle à son registre empreint de blues, de country, de soul, de R’n'b mais cette fois, elle est allée plus loin dans le processus créatif en s’attelant à l’écriture et à la composition de la plupart des morceaux. Pour la production, elle a choisi de faire appel à Larry Klein qui a fait des miracles avec Joni Mitchell et Tracy Chapman entre autres. Dans les thèmes évoqués : du classique puisqu’elle nous parle d’amour, depuis ses prémices jusqu’à son aboutissement. La chanteuse affirme que cet album est le plus sensuel qu’elle ait fait.

Freedom and Surrender offre un écrin de choix à la voix de velours de Lizz Wright. Son alto chaleureux et profond porte avec beaucoup d’élégance ces 13 chansons. Côté instruments, les claviers occupent une belle place et contribuent au son churchy renforcé par les chœurs. Le Rhodes, en particulier, illumine une grande partie de l’album. La guitare, quant à elle, revêt parfois des accents folk comme sur « Somewhere Down the Mystic » à l’atmosphère planante. « Freedom »initie la romance sur un mid tempo très classe sur lequel Vinnie Colauita lance sa force de frappe à la batterie. La sensualité revendiquée par la chanteuse est bien au rendez-vous avec le très sexy « Lean In » et des ballades aériennes comme « River Man » ou « Here and Now ». Le duo « Right Were you Are » avec Gregory Porter semble s’étirer dans le temps pour mieux marquer son empreinte, tandis que la voix de la chanteuse s’entend à merveille avec le baryton du soul man. De la soul encore avec l’émouvant « To Love Somebody », reprise des Bee Gees, et « Surrender » qui sonne assez old school, où Lizz Wright enjoint de se rendre en clamant : « You are mine » (tu m’appartiens).

Sans aller jusqu’à la reddition, on lui laisse volontiers carte blanche car on sait qu’avec elle, on est entre de bonnes mains, et Freedom and Surrender a bien mérité les 5 ans d’attente. La chanteuse qui excelle dans l’art de transmettre une émotion brute et authentique s’avère également être une très bonne compositrice.On a, pour écouter cet album, l'envie de s’arrêter pour suivre le rythme qu’elle impose, se nicher dans un coin au confort feutré et classieux, où le temps serait suspendu.

Lizz Wright, Freedom and Surrender, Concord Records, septembre 2015

Fara Rakotoarisoa