Guts, Stop the Violence (Heavenly Sweetness)

Pistolet à fleur dans la manche, son avatar en mode hippie sur la pochette de l’EP, les cheveux longs, et une barbe de baroudeur, Guts is back, pour notre plus grand plaisir, avec un projet ancré dans la plus pure tradition de la Great Black Music. Calibré pour un live band, dans le même esprit qu’Eternal, ce nouvel EP propose un beau casting Toujours l’inénarrable Florian Pellissier aux claviers, mais cette fois ci avec les talentueux et prometteurs Wolfgang Valbrun (du groupe Ephemerals) et Mary May aux chants et le rappeur confirmé et toujours affuté, Beat Assaillant.


Le morceau éponyme de l’EP marche dans le sillage du titre « Stand Strong », sorti en mars dernier et téléchargeable gratuitement. Masterisé par Blanka, il utilisait un sample de la magnifique chanson « Prison Song », issue de la comédie musicale Selma, composée et mise en scène par Tommy Butler en 1976. « Stop the Violence » est également imprégné de cette œuvre, en hommage vibrant à l’action de Martin Luther King par l'intégration d'un court extrait galvanisant d’« Overture Brother Theme ». D’un hommage à la période de la lutte pour les droits civiques, on passe à un clin d’œil à KRS ONE et Public Enemy (« Fight the Power »), une cinquantaine d'années après, le message de Luther King, apôtre de la non-violence, résonne et donne toute la sève à un titre fiévreux et pugnace où l’assaillant du beat entonne une bonne prêche hip hop nécessaire et salvatrice.


Mais la source du hip hop est aussi le divertissement. C’est ce que rappelle « Everybody Wants to Be a Star ». Et il n'y a rien de mieux qu’un clavier méchamment funky à la furieuse rythmique pour guider les pas des danseurs, même les plus récalcitrants (toi-même tu sais que tes baskets blanches vont encore morfler sur le dancefloor !). Le chanteur des Ephemerals s’illustre à merveille dans ce registre disco funk irradiant d’énergie positive et d’un chaleureux groove, sa voix s’associant et s’entremêlant avec les cuivres du groupe de jazz funk Cotonete (également membre de l’écurie Heavenly Sweetness).


Le somptueux « Ain’t Perfect » donne quant à lui, la part belle au grain de voix caressant et délicat de Mary May. Véritable bijou, il est impossible de ne pas tomber sous le joug de la mélodie de piano qui fait penser à une production de Freddie Joachim du label Mellow Orange. Même Beat Assaillant, rappeur à la scansion habituellement rapide, suit le rythme et ralentit pour un tendre dialogue avec Mary May. Vous l’aurez compris, mention spéciale pour ce titre qui pousse le vice en proposant un pont, à mi-parcours, ponctué d’une batterie et d’éléments percussifs, joués par Nico Rajao, comme des battements de cœur qui laissent ensuite la mélodie nous reprendre, nous étreindre et ne jamais nous lâcher. Cet EP est un peu à l’image d’un assortiment de sushis et de sashimis, préparé avec finesse et précision. Les morceaux sont succulents mais rares, comme ces délices japonais. On en redemande donc et on se rue sur les suppléments instrumentaux.

Basse – Greg F ; Beats, Producteur – Guts : Batterie– Nico Rajao ; cuivres – Cotonete ; claviers – Florian Pellissier

Chroniques - par Yannis Kablan - 6 juillet 2017


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