Allan Harris, Nobody’s Gonna Love You Better, Love Production Record, 2016

“My favorite singer”, c’est dans ces termes que Tonny Bennett lui-même, parle d’Allan Harris. Considéré comme un des trois plus grands chanteurs de jazz de son pays, le natif de Brooklyn présente un album loin des clichés suaves, gloussants et surjoués. Pour faire simple, Allan Harris CHANTE !

Rien d’étonnant lorsqu’on scrute ses nombreuses récompenses avec notamment le New York Nightlife Award dont il gagna 3 fois le titre de « Oustanding Jazz Vocalist ». Ses jeunes années passées à l’Apollo Theater pour écouter les grands noms du jazz ont dû certainement l’aider à façonner sa sensibilité musicale.

Entouré de Pascal le Bœuf au piano, Léon Boykins à la contrebasse et Shirazette Tinnin à la batterie, la formation propose un album complet et éclectique. En effet, des ballades au rythm’ 'n' blues jusqu’à la musique brésilienne, l’album propose onze titres maitrisés. C’est d’ailleurs ce qui surprend, le répertoire cross-over est totalement assumé. Mieux, il est parfaitement maîtrisé.

Dès le premier morceau « Mother’s love », Allan Harris met tout le monde d’accord, c’est le lui le boss. Sa voix grave et son placement rythmique est en harmonie avec le trio qui l’accompagne. C’est avec le titre « Any Major dude will tell you » que le quartet prend toute sa valeur dans l’album. Pas étonnant que la prestation rythmique et harmonique soit en totale interaction avec le chanteur. C’est sans doute le meilleur titre de l’album, rappelant aisément l’écriture et la classe d’un Kurt Elling.

Les ballades de l’album dont « Secret moments » et « Ruby », donnent la véritable place de l’artiste et connaissent un moment de grâce avec le standard « I remember You ». Ce titre poussant même la comparaison avec la prestance de Nat King Cole.

L’exercice de style sur « Moody’s mood for love », composition de Eddie Jefferson dont la mélodie tirée d’un chorus de James Woody, met en valeur la qualité technique de l’artiste. Allan Harris est chez lui, il est à l’aise, on sent qu’il prend du plaisir, et ça fait du bien de l’écouter ! Il faut dire que ses trois compères le lui rendent bien, avec un accompagnement de premier ordre.

La cerise du gâteau de l’album, vient certainement de la bossa « Doralice », fraiche et coulante. On pourrait même croire qu’Allan Harris, a grandi à Rio de Janeiro tant sa prestation est crédible et son phrasé naturel. Cette composition écrite en 1963 et interprétée par Getz/Jobim /Giberto n’en est en aucun cas dénaturée.

La considération que le public a donné à Allan Harris est une fois de plus démontrée sur cet album. Sa voix, son audace, et sa générosité lui confèrent réellement la place qu’il mérite dans le milieu du Jazz vocal. Un artiste à écouter en live, un artiste qui ne ment pas, un artiste qui vie et qui CHANTE tout simplement.

Allan Harris: Chant, Guitare, Pascal Le Boeuf: Clavier, Leon Boykins: Contrebasse, Shirazette Tinnin : Batterie


 

 

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