« Worldwide » est le nouvel album du groupe The Big Hustle. Avec un son très marqué funk, ses 11 titres font des incursions dans la soul, le rock, le hip hop... Emmenés par le bassiste Sébastien Levanneur, les musiciens - qu’on a bien envie d’appeler les « hustlers » - sont des aguerris de la scène française. Depuis, plusieurs années, ils travaillent avec des artistes ou des groupes comme Malted Milk, Beat Assailant, Manu Dibango… Ils sont influencés par le funk et le jazz électrique de ces dix dernières années (Lettuce, Soulive, Snarky Puppy, Electro Deluxe). Et ça s’entend !

La musique de The Big Hustle s’inscrit donc dans une veine très contemporaine faite de fusions. Le fil conducteur est une certaine vision du groove et une volonté des musiciens de partager, de faire voyager. En effet, Sébastien Levanneur voue une grande passion à la musique de la Motown mais il est aussi un globe-trotter. Il avait envie de faire passer cet esprit et ces voyages à travers la musique du groupe. Ça donne du gros son avec des cuivres puissants – logique pour du funk – mais aussi des instruments qui se greffent ponctuellement (cordes, harmonica, etc.) pour une profusion de sonorités. Le tout est savamment ordonné grâce à des arrangements sophistiqués et une grande complexité rythmique.

L’empreinte funk est présente sur des titres comme « Kool », « For Lorell », un peu plus mid-tempo ou encore « Daijoubu » aux couleurs afrobeat. « Detroit Girl », taillé pour le dancefloor, fait la part belle aux claviers qui peuvent rappeler Herbie Hancock dans sa période jazz funk. Une atmosphère plutôt rock se dessine sur « After Hours », ponctué par un très beau solo de trompette. Autre ambiance sur « Love for League » qui se distingue par son refrain joué vraisemblablement au synthé basse, au son presque saturé. Ces morceaux purement instrumentaux côtoient ceux où s’invitent des vocalistes comme Nina Attal (« Make Your Life Wonderful ») ou Jo Champ (« Never Be Mine »). Le rappeur Beat Assailant fait un passage remarqué sur « Master of Hustlers ». A noter aussi, « I Need To Be a Hustler » où la chanteuse new-yorkaise Melissa McMillan pose sa voix élégante, mise en valeur par des cuivres classieux.

Avec ses multiples changements d’ambiances, la richesse des instruments et des rythmes, Worldwide offre une vaste matière à explorer. Et malgré toutes ces directions différentes, on y distingue un son commun et une empreinte qui font la cohérence de l’album. Ce qui laisse présager d’autres aventures tout aussi excitantes, notamment en live !

Fara Rakotoarisoa

The Big Hustle, Worldwide, Musicast, 2016


 

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