The James Hunter Six, Hold On !  (Daptone Records)

Tout doucement et mine de rien, Daptone fait son trou : après Sharon Jones et ses choristes (les Dap Kings), le label de Brooklyn continue de prouver que l'on peut très bien ressusciter au XXIe siècle l'âge d'or de la soul et du Rhythm & Blues sans aucune reprise du catalogue de Stax, Atlantic ou même de la Motown, tout en leur rendant le meilleur hommage possible. Le britton James Hunter est en plein dans ce revival qui sans jamais prétendre à la révolution, fournit la jouissance. Dispendieux.

Son quatrième album, Hold On !, pousse décidément le bouchon très loin : entre Sam Cooke (notamment pour la voix), Ray Charles (notamment pour le groove) voire James Brown (notamment pour les volts nucléaires), le James Hunter Six livre une partition géniale d'énergie, de générosité et de perfectionnisme simple qui exhume tout du meilleur de cette musique sans tomber dans le sépia ni le nostalgique. Le meilleur en 31 minutes, comme à la grande époque.

Portés par la voix phénoménale de l'Anglais, les cinq musiciens alternent les titres dans un savant dosage de ballades pop (''Something's Calling'') ou R'n'B à l'ancienne (''This is Where We Came In'', intolérablement entêtante, ou encore ''Light Of Of My Life'' et ses effluves d'Elvis), soul survoltée soutenue par des arrangements au cordeau (''(Baby) Hold On'' et ses riffs de guitare ou des cuivres intestables), funk mâtinée d'afrobeat sur ''Free Your Mind (While You Still Got Time)'', etc. Tout simplement génial et irréprochable dans un album qui a le bon goût de ne jamais en faire trop, dans la longueur comme dans la musique, mais en dit bien assez pour enchanter tout mélomane honnête. Les snobs qui reprocheront à James Hunter et ses musiciens de ne pas assez inventer pourront malgré tout trouver dans les interstices de cet exercice très maîtrisé des vignettes plus inattendues et harmonieusement mêlées à l'ensemble de l'esthétique générale de Hold On !: la guitare saturée du leader sur ''Free Your Mind'', les quelques soli miniatures des percus (Andrew Kingslow), une liberté réelle dans le travail des références et des textures qui témoigne assez de la sincérité du band à réaliser cette pure jouissance au-delà d'intérêts purement commerciaux... Comme il dit : Hold On !


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