Solange, A Seat at the Table (Saint Records/Columbia, 2016)

Solange se fait une jolie place en haut des charts.

Loin des strass et paillettes de sa grande sœur Beyoncé, Solange cartonne dans les charts US avec d'autres recettes que celles, pénibles, de ces deux précédents albums... Avec A seat at the table, elle se fait une place, classe, dans la grande famille de la funk, soul, nu-Soul. Voix éthérées, ryhmiques épurées, mi roots, mi électro, espace... large. « Pourquoi jouer tant de note lorsqu'il suffit de jouer les plus belles ? »  questionnait Miles. A juste titre, « Cranes in the sky », « Wise », « Weary », illustrent la sagesse du non moins illustre jazzman.

D'aucuns font part d'un album de « soul revendicative », ce qui n'est pas loin de sonner comme un joli pléonasme. Peu familier avec la langue de Shakespeare, on les croira sur parole. Mais le ton de l'opus est bien loin d'être teigneux, pas nerveux pour un sou, voire carrément « peaceful ». Et on avait presque oublié qu'on peut, en théorie, faire des révolutions avec des fleurs. La teneur n'en est pas moins dénonciatrice des violences commises à l'égard des Noirs américains.  

Loin des strass et paillettes donc, ne signifie pour autant pas que l'album soit cheap, au-contraire. La prod est béton, le son, les clips, les invités triés sur le volet (Lil wayne, Sampha ; Q-Tip...). La little sista a attendu son heure, certes, mais à tout juste 30 ans elle joue sur du velours, pourquoi s'en priver après tout ? Éventuellement, ou pourra zapper (ou pas) « Don't you Wait », qui flirt tout de même de trop près avec le calibrage stérile pour les radios sans inspiration. Pour le reste, on ira peut-être jusqu'à évoquer certaines filiations avec Stevie ou Meshell Ndegeocello (dans son album « Peace Beyond Passion » notamment) pour des ambiances à la fois aériennes et groovy… Un très bel album de Soul'ange.


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