Stripped, dernier Opus de Macy Gray, ouvre sur une intro blues. Guitare épurée, une voix lasse, donne le ton, le son d'un album qui déjoue les pronostics de ceux qui auraient attendu la reine des charts au rayon Soul. Stripped est, sinon une révolution, du moins un virage bienvenu dans la discographie de Macy Gray, un de pied de nez, où s'égrainent d'inattendues reprises jazz de la part de celle qui est pourtant adepte de l'exercice, en témoignent Covered (2012) ou Talking Books dans lequel elle rend hommage, avec plus ou moins de bonheur, à l'oeuvre ou plutôt au chef d'oeuvre de Stevie Wonder.

Sur Stripped, Macy joue Gray ou le contraire, pour mieux la révéler. Elle retourne aux sources de la mélodie, de l'harmonie, ré-explore le célèbre I Try, 1999. Le tube de Macy Gray, débarrassé des oripeaux de la production originelle prend ici une nouvelle dimension, essentielle, intemporelle, flanquée d'un groove sautillant à la contrebasse, d'une batterie minimaliste et d'un quartet New Yorkais, (guitare, contrebasse, batterie, trompette) qui se prolonge d'une réverb monumentale et rétro. Pour ce choix radical, l'album aurait été enregistré dans une vieille église de Brooklin. 

Notthing Else Matter, et oui, un autre tube… de Metallica celui-ci, prend ici une tout autre tournure en même temps qu'une autre tourne. La réinterprétation, bien loin du caractère l'épique de la première version, swingue toujours avec ce cinquième homme, ou cette deuxième fidèle épouse (la Reverb) et le chorus de guitare, puis de trompette emportent définitivement l'auditeur bien loin de l'esprit Sex drug and rock'n'roll cher aux amateurs de gros sons bien saturés. Stripped est rétro dans le son, dans le choix des chansons aussi. Comme le vestige d'une époque disparue vers laquelle on avancerait, à grands pas, avec délice. À l'écoute on a parfois l'impression d'être plongé dans la BO vintage d'un long métrage de Tarentino resté coincé bien au chaud au fond d'un vieux tiroir. On ne saura que trop conseiller le superbe First Time, un bijou, avec ou sans reverb. Le titre est assurément l'un des plus sensible de cet album qui, à n'en pas douter, marquera d'une pierre blanche la carrière de Macy Gray.


Autres articles

Comment

Member Login
Welcome, (First Name)!

Forgot? Show
Log In
Enter Member Area
My Profile Not a member? Sign up. Log Out