Coelho & Be Dar, Philadelphia (Orfèvre Studio 2017)

Pour ses premiers pas dans le rap game, Coelho et son frère Be Dar dévoilent Philadelphia, un EP de 8 titres savamment travaillé en famille et dont l’idée s’est imposée en 2016.

Après un an et demi de travail, le tandem nantais présente un univers musical à mi-chemin entre le parler/rapper et offre une expérience musicale dans le prolongement des artistes parisiens tels que Nekfeu ou Jazzy Bazz. Ce duo prometteur est aussi la preuve que le rap game peut et doit se nourrir de talents« décentralisés » et qu’il ne pourrait être l’apanage de quelques happy-few parisiens.  


Coelho et Be Dar, c’est l’histoire de deux gamins amoureux fous de musique, tombés dans la grande marmite musicale un peu trop tôt. Liés par une passion commune, ils commencent leur épopée musicale en s’initiant au djembé, au piano, et aux percussions. En 2007 Be Dar se produit en solo, flirte avec des mélodies funk et décide de former Workers avec son ami Sear Cabe qui s’impose comme sa caution jazz. S’ensuit des tournées, et des événements en France, mais Be Dar ne rechigne pas son plaisir à produire son frérot, et ce depuis les débuts de Coelho. En 2016, c’est définitivement le coup d’envoi de cette collaboration, et là que tout commence puisque les deux frangins planchent sur l’EP Philadelphia, qu’ils enregistreront au studio Orfèvre en février 2017. Parmi les 8 titres de l’EP, le morceau « Longue Vie » - consacré par un clip - tisse une atmosphère cotonneuse à la limite de l’apesanteur. Pas de hasard si Philadelphia se présente avant tout comme une invitation au voyage. Car chacun des titres dresse un setting singulier où le jusqu-auboutisme instrumental ne ment pas sur le savoir-faire musical des deux frères, à l’image du titre « Honey ».   


Au-delà d’une production musicale stricto sensu, Philadelphia fait le pari de l’introspection et du verbe salvateur, comme l’attestent les interludes très Me, Myself and I ponctuant l’EP tels que « Le hasard » ou « L’amour ». En ce sens, l’interlude « Amour » se pose comme une définition de ce qu’est ou pourrait être l’amour dans un idéal rêvé, là où le titre « Solo » s’inscrit dans une réalité douce amer, portée par un combo rythmique parfaitement à propos, entre piano, basse et batterie.  Avec Philadelphia, Coelho et Be Dar réussissent leur premier galop d’essai avec un premier EP sincère et ficelé, sur un ton tantôt grave ou léger, et dont on attend déjà les suites.   

Chroniques - par Julie Chiavarino - 29 mai 2017


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