Young Thug, Jeffery

Il existe une catégorie de rappeur que l’on ne peut classer aussi bien par leurs musiques que par leurs styles. Young Thug est de ceux-là, sa nouvelle mixtape Jeffery (géniallissime) est là pour nous le rappeler.

Jeffery Lamar Williams naît et grandit à Atlanta, terreau fertile du Rap US. Il fait ses classes en délivrant quelques tapes, perfectionnant son style ovniesque. Ce même style qui tapera dans l’oeil (ou l’oreille) d’un autre gamin d’Atlanta, un certain Gucci Mane. Ce dernier l'invitera à signer sur son label 1017 brick Squad records. La quatrième mixtape de YT sous ce label 1017 Thug a été largement acclamé par la critique, en partie grâce à son originalité. Dès lors la machine Young Thug est lancée, son aura ne cesse de grandir et ses opus se font de plus en plus attendre. 

Le garçon cultive une originalité pour un rappeur : son Androgynie présumé, en témoigne la pochette de son album. Il y arbore (oui c’est bien lui) une jupe a froufrou qui descend jusqu'aux chevilles et un espèce de chapeau éventail qui rappelle les geishas, dans une position très féminine.

Maintenant passons à la viande. Les titres de la tracklist nous renseignent un peu sur les idoles du MC. Ainsi la tape s’ouvre sur « Wyclef Jean » une ode reggae qui s’allie astucieusement à des rythmes rap; avec ce qu’il faut de beat et flow en forme d’hommage caché à l’ancienne gloire des Fugees.

Young Thug n'est pas avare d’invités, on y retrouve des noms prestigieux comme Young scooter, Quavo ou encore Gucci mane et Travis Scott qui posent sur« Floyd mayweather ».  On peut dire que l’album est placé sous le signe de la romance - de romance gangsta, bien sûr, (“Love her vibe, love her vibe, she make me feel so nice/the first day we met, she let me fuck all night” dans « Riri » dont le refrain rappelle habilement « work» de Rihanna). 

Jeffery contient tout de même quelques fulgurances comme« Harambe » que l’on peut concevoir comme une longue plainte allant même jusqu'à essouffler le MC. Le lent beat contrastant avec le flow énergique de YT est parsemé par quelques bruitages de pétards qui rappellentle « panda » de Desiigner. Enfin, il est nécessaire de regarder de plus près « Kanye West », qui réveillera les nostalgique parce que doté d’un invité de marque, en la personne de Wyclef Jean himself (oui il n’est pas sur le son qui porte son nom, n'est pas Young Thug qui veut). Le son se rapproche plus d’un score pop que rap, avec un refrain en onomatopée ( “wamp-wamp, wet-wet” ).

Wyclef amorce son couplet par “Jeffery be easy”, un peu une manière de dire a YT de se ménager pour la suite de sa carrière. mais il n’en a va vraisemblablement pas besoin tellement il est inventif. Avec Jeffery il livre une excellente prestation pour une mixtape. Il préparerait d’ailleurs déjà sa prochaine… Attendue de pied ferme forcément.


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