Red Pill, Instinctive Drowning (Mello Music Group)

Rentrée chargée pour Mello Music Group. Après For Mark, Your son de Lando Chill, le label sort le troisième LP de Red Pill, avant que paraisse, le 30 septembre, la collaboration très attendue de Apollo Brown et Skyzoo. 

Originaire de la Motor City (Détroit), et rappeur de Ugly Heroes (Verbal Kent et Apollo Brown à la production) groupe avec lequel il a récemment sorti l'album  un album tout récent Everything in Between), Chris Orrick de son vrai nom est très pessimiste,  au mieux réaliste comme il se qualifie, nous contant que la vie n’est pas un long fleuve tranquille mais plutôt une tempête acharnée, déchaînée, à la houle sans répit.

L’instinct de survie de Ugly Heroes se retrouve dans ce nouvel opus de Red Pill, reprenant nombres de ses idées en voulant imposer son style musical, avec son récit sur la dépression et l’alcoolisme. Et quoi de mieux pour représenter ça que d’appeler l’une des tracks « Gin & Tonic » mais aussi dans ses textes « Most of my money been spent on liquor sales »). Cependant, le fruit est trop mûr. La pilule ne passe pas. Ce qui n’aurait pas dû être le cas au vu de ses derniers albums.

Difficile de classer ce style de musique, notamment avec « Four Part Cure »,  à mi-chemin entre du mauvais Muse et un rap passif aux fausses notes, d’un Red Pill peut-être usé par ses propres textes, le faisant tomber dans sa propre matrice. Cela se ressent par des textes mal imbriqués, avec cette volonté de ne pas vouloir chanter, créant une monotonie répétitive. (« Only killing I'm doing is when I'm filling this drink »). Une fois, ça passe, deux fois, ça lasse.

En s'enfermant dans une esthétique sombre, pas aidée par une créativité parfois douteuse du producteur Ill Poetic, il entraîne une envie de zapper. On est loin de son dernier album Look What This World Did to Us où la barre avait été mise haute, avec des musicalités plus frappantes, plus marquantes, plus chantantes. Sur « Kids », il reprenait par exemple la douce mélodie de « Didn’t I » de Darondo, pour un titre plus ensoleillé... 

On retrouve tout de même cet instinct dans la chanson éponyme de Instictive Drowning. Certes, le rappeur ne se départit pas du leitmotiv dépressif de son opus avec un texte mêlant colère et nostalgie avec poésie, mais le son, plus reposé et mieux distillé, combine un piano et une guitare pour une instru plus souriante que sur les autres titres. Là est l'apogée d'un LP rongé par la colère et la tristesse relatives à la mort précoce de son père. Thème étrangement récurrent en cette rentrée pour le label Mello Music Group, puisque déjà exploité, à sa manière, par Lando Chill... 

Instinctive Drowning ne nous aura pas fait voyager longtemps mais la Pilule Rouge nous aura tout de même bercés d'instrus tantôt classiques - avec des références à un style reposé - tantôt d’une pseudo-nouveauté mal orchestrée et mal revigorée par un rap harassant par sa profonde tristesse.


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