Princess Nokia; 1992, Roc-A-Fella, 2016

Sorti début septembre, l’album 1992 de Destiny Frasqueri aka Princess Nokia fait l’effet d’une bombe. Dans ce nouvel EP de 9 titres, Princess Nokia porte fièrement ses origines new-yorkaises et portoricaines, à coup de spanglish nerveux comme sur « Brujas » ou « Kitana » puisant - aussi et surtout – à plein dans l’American slang. Du haut de ses 24 ans, Princess Nokia signe avec brio un nouvel album qui se révèle être une ode à son enfance et son adolescence à Harlem, comme l’attestent les titres « Bart Simpson », « Green Line » ou « Tomboy », décrochant sans conteste son passeport pour la maturité.

Une maturité qui s’exprime par des collaborations toujours plus percutantes, et le recours à des samples funk d’exception, à l’image de « Saggy Denim » (feat.Wiki) où on reconnaîtra l’inépuisable « I can’t keep holding back my love » de Shadow, fréquemment revisité par les rappeurs américains, dont très récemment Curren$y pour « I can’t go back » (feat.Juvenile). A l’inverse, et fidèle à ses débuts, Princess Nokia n’a pas abandonné sa griffe 100% grime sur « Mine » ou encore « Excellent ».

Si 1992 est un point de rupture avec les identités multiples et passées de Princess Nokia dû à son mental disorder, la grogne féministe demeure. Dans « Tomboy » qui semble sortir tout droit de l’univers cinématographique de Quentin Tarantino, elle critique ouvertement l’hypersexualisation des femmes et déconstruit l’image de la femme aux mensurations idéales.

Par sa divine insolence, et l’entrelacement de styles musicaux pluriels, de l’underground grime au rap, en passant par des tendances funk, l’EP 1992 révèle une Princess Nokia au caractère plus que jamais affirmé et au firmament de son art.


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