NxWorries - Anderson Paak & Knxwledge - Yes Lawd!(Stones Throw Records)

Le tandem formé par Anderson Paak et Knxwledge (aka Glen Earl Bootee) sur Yes Lawd! - album de 19 titres - est incontestablement un sans-faute et s’impose comme une collaboration lunaire. Après le très réussi « Malibu » dévoilé en début d’année 2016, Anderson Paak a relevé le degré d’exigence d’un cran, avec l’obligation faîte de ne pas décevoir au prochain round sur un laps de temps très restreint. Dans Yes Lawd! il rafle la mise, et revient en force avec Knxwledge dont l’aura n’est certes pas équivalente à la sienne - catégorisé de fait comme « monsieur instru » ou l’homme de l’ombre - mais cela ne les empêche pas pour autant de jouer à armes égales, et le résultat est bien là ! Peu connu, Knxwledge s’est pourtant forgé une réputation de compétition, en signant des instrus pour les grands noms de la planète hip-hop/rap, parmi lesquels : Curren$y & The Alchemist pour « The Carrollton Heist: Remixed » (2016), Kenderick Lamar avec l’excellent « Momma » sur « To Pimp A Butterfly » (2015), ou encore Joey Bada$$ pour « Killuminati 2 ».

Conséquent, l’album dévoile des titres incontournables tels que « Link Up » ou le morceau « Suede » révélé en avant-première par Stones Throw fin 2015, deux titres qui ont été d’emblée acclamés chaudement par la critique. A cela s’ajoutent d’autres titres qui valent tout autant (si ce n’est plus) le détour à commencer par « What More Can I Say » où l’atmosphère ouatée poussera sans concession au mode repeat et « Sidepiece » titre hommage au grand J-Dilla sur lequel se fredonne l’intemporel et énergisant « Won’t Do » extrait de « The Shining ». Enfin d’autres titres teintés rétro et samplés, à l’image de « Kutless », « Starlite », et « Scared Money » nous plongent dans une atmosphère Black 80’s feutrée et d’interminables slow old-school.

Yes Lawd! est un album rafraîchissant qui s’écoute très facilement et en boucle, mais sur lequel repose en grande partie le génie de Knxwledge dont la marque de fabrique est audible par ses multiples influences jazz/hip-hop et références. Mais rendons à César ce qui appartient à César, Anderson Paak s’affiche une nouvelle fois comme un talent prometteur à part entière par son grain de voix atypique et son originalité musicale, de quoi réserver sans aucun doute un lot de surprises pour les productions à venir.

 

 


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