A tribe Called RedWe are the Halluci Nation

Les 3 DJ canadiens de A Tribe Called Red reviennent avec We are the Halluci Nation, et nous offre un peu moins d’une heure de voyage hallucinogène. A Tribe called Red pratique en effet un style de musique assez spécifique qu’ils nomment eux-mêmes Electric Pow Wow, ou Pow wow step, mélange turbulent et étourdissant de sonorité, empruntant aussi bien à la musique électronique, qu’au rap, au hip hop, et à la musique traditionnelle amérindienne. 

La première partie de l’album est très militante envers la cause amérindienne, et propose une entrée en matière très puissante, presque trop frénétique, notamment sur le titre « Sila », avec une performance vocale assez impressionnante de lâcher prise de Tanya Tagaq. Yasiin Bey et Narcy posent quant à eux avec autorité sur « R.E.D. », militant avec fermeté pour une reconnaissance du commun plutôt que de la constante différence entre les êtres humains, et fustigent les mentalités ethnocentristes et la pensée unique. « Before » vient pour sa part rouvrir les plaies des anciennes blessures du premier peuple américain. On y entend un message vocal incitant à retrouver Charlie Wenjack, mort dans des circonstances qui attirèrent l’attention des médias sur le traitement réservés aux jeunes amérindiens dans les Indians residentials schools. Le titre le plus expressément politique reste toutefois « The Virus », clairement à charge contre « les missionnaires », d’hier ou d’aujourd’hui, ne cachant pas leurs intentions d’effacer la culture amérindienne du patrimoine américain. 

We are the Halluci Nation
Our DNA is of earth and sky
Our DNA is of past and future
We are the Halluci Nation
We are the evolution, the continuation
Hallucination
John Trudell

Une sorte de transition s’opère avec le titre « Maima Koopi », qui peine à démarrer et reste selon nous assez en dessous des autres productions du groupe. Peut-être le seul point faible de l’album. 

La seconde partie de l’album laisse plus d’espace aux parties chantées, et une certaine sérénité qui peut aller jusqu’à la transe en fonction de votre consommation de psychotropes dans l’instant s’installe alors à l’écoute, notamment sur « Sila », « The light » et « Alie Nation ». On retiendra aussi « How I feel », ou le emcee Leonard Sumner délivre une performance très souveraine. Beaucoup de titres se répondent d’ailleurs dans cet album, à l’instar de « The light » et « For you (the light part.2), ainsi que « Sila », et « Alie Nation » sur lesquels Tanya Tagaq intervient, en délivrant une performance vocale bestiale primaire sur « Sila », et peut-être plus mélodique et entêtante encore sur « Alie Nation ». 

We are the Halluci Nation apparait comme un album très abouti et éclectique (on retient l’étonnant « For you », très pop), malgré un titre faisant tout de même pâle figure par rapport au reste. A Tribe Called Red propose donc un album en deux temps, aussi puissant et impérial dans ses parties électroniques et rappées, qu’évanescent et transcendant le réel sur la seconde partie de l’album. Le tout est pourtant brillamment synchrone, et la superposition de revendications politiques et militantes, de chants aériens et incantatoires amérindiens, des nappes électroniques et de basses profondes s’intègre avec une cohérence musicale et thématique remarquable.

Line up : Dj Shub, Bear Whitness et Dj NDN

Guests : John trudell (posthume), Northern Voice,Yasiin Bey, Narcy, Black Bear, Joseph Boyden, Tanya Tagaq, Lido Pimienta, OKA, Chippewa Travellers, Junior Ottawa, Maxida Marak, Jen Kreisberg, leonard Sumner, Shad.


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