The Touré-Raichel collective, The Paris Session, Cumbancha, 2014

À ceux que le lyrisme enchante. Amoureux de belles mélodies et de chants rassurants, le Touré-Raichel collective dorlotera vos rêveries diurnes. Par delà les surenchères techniques, la simplicité. Une marque de fabrique du malien Vieux Farka Touré et de l’israélien Idan Raichel en forme de pied de nez à l’apparence inextricable de bourbiers géopolitiques.

Ils avaient commencé en 2010 avec les Tel-Aviv Sessions. 2014 aurait du être le tour de Bamako, mais les aléas en ont décidé autrement. Le studio Malambo a servi de repère pour cette session de trois jours qui accouche d’un bébé parisien. Ici c'est Paris, chantre de rencontres impromptus, foyer d'une création encore hyperactive. The Paris Session séduit parce qu'il est poétique, parce qu'il dégage une beauté touchante. La voix de vieux Farka Touré captive. Question de timbre. Accompagnée des harmonies subtiles du pianiste, cette voix éraillée par moments fait des merveilles.

Ecoutez le mélancolique "Diaraby". Perle incontestée du disque, mascotte de ces mélodies légères qui vous prennent par l'affect. Reprise d'Ali Farka Touré, "Diaraby" symbolise cette union fortuite -Idan Raichel et Vieux Farka Touré se sont rencontrés par hasard dans un aéroport- actée par un lien puissant : celui du père du malien, inspirateur de l'israélien. De cette filiation impromptue est né un projet dont le son résonne comme une évidence, celle d'un groupe qui n'aurait pas pu ne pas être. La preuve par "L'Amour", "Tidhar", "Bandiraibhat" et surtout "Hodu" qui sont d'autres joyaux de cette épopée dont je me gaverai impunément -n'en déplaise à mon entourage- jusqu'à la parution d'une suite.

Florent Servia