Ça y est, le soleil signe son grand retour, et avec lui, un flot de réjouissances sonores bien pimentées. Gardez en tête la date du 24 mars 2015, car c'est en ce jour qu'un album de marque viendra apporter chaleur et réconfort aux amateurs d'exotisme musical. Le groupe nous vient de Cuba et n'avait jusqu'à présent enregistré qu'un unique album... vendu à plus de 9 millions d'exemplaires ! Non, vous ne rêvez pas, le Buena Vista Social Club est de retour.

Si l'album éponyme enregistré en 1996 pour le label World Circuit (par Ry Cooder) s'est illustré comme l'un des plus célèbres témoignages de la musique cubaine, 14 pistes c'était bien trop peu pour rendre compte du talent véritable d'Ibrahim Ferrer, Rubén Gonzalez, Cachaito Lopez, Guajiro Mirabel, Eliades Ochoa, Omara Portuondo et Compay Segundo. Ainsi paraît, 20 ans plus tard, un ensemble d'inédits de la constellation des « all-stars » du Buena Vista, datant de la riche période créative qui suivit l'enregistrement de l'album originel

Il conviendra, pour l'occasion de se préparer un bon daïquiri – ou un mojito au choix – pour déguster comme il se doit les reliquats des sessions live et studio exhumés par Nick Gold, le patron de World Circuit. Lui-même dit avoir été « ébloui » par la qualité de ces enregistrements perdus puis retrouvés (d'où le titre de l'album Lost and found).

Ponctuée d'un Grammy et d'un film de Wim Wenders nominé aux Oscars, « l'incroyable épopée musicale » du Buena Vista Social Club (dixit nos confrères du Monde) semble désormais toucher à sa fin. Beaucoup de ses membres ont hélas déjà quitté les terres de La Havane pour rejoindre des cieux plus cléments (R.I.P. Ruben Gonzales, Ibrahim Ferrer, Compay Segundo, Pio Leiva et Cachaito Lopez). Le groupe Orquesta Buena Vista Social Club, où figurent encore plusieurs des membres d'origine, s'apprête quant à lui à entamer sa tournée d'adieu, avec notamment un passage à l'Olympia de Paris le 2 avril prochain (complet).

Une page se tourne, mais laisse derrière elle la trace de son chatoyant passage : un manifeste de savoir-vivre digne d'un discours du Che. Si le nerf de l'histoire est le mythique album de '96, Lost and found en est l'épilogue qui enluminera bien des journées passées à fumer le habano. Entre bolero, guajira, salsa et rumba, soyez prêts à revivre pleinement l'esprit de la trova.

Alexandre Lemaire