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Alsarah and the Nubatones, Manara  (Wonderwheel Recordings/Grounded Music/La Baleine)

Avec sa coiffure graphique et son aura rayonnante, Alsarah chante de sa voix fraîche des hymnes aux accents arabisants. Depuis Brooklyn, avec sa sœur Nahid aux chœurs, accompagnée d’un oud, d’une basse et d’une percussion, la jeune soudanaise fait revivre une pop nubienne aux couleurs subtiles. Le beat lounge de cet album invite à un voyage le long du Nil, au rythme d’une musique venue des confins du temps, animée par une basse aux contours bien définis qui lui insuffle un groove désinvolte.

Entre longues incantations ornementées de phrasés à l’oud qui prêtent au recueillement, et rythmes entêtants qui montent parfois jusqu’à la transe, la voix douce d’Alsarah tient la barre avec fermeté. Le long fleuve de cette croisière n’est pas aussi tranquille que l’on pourrait craindre, les morceaux étant variés, et entrecoupés d’interludes électroniques, comme pour mieux nous replonger à chaque piste dans une nouvelle atmosphère tantôt intrigante, tantôt festive, mais toujours surprenante.

Les couleurs harmoniques de cet opus y sont pour beaucoup, mêlant pop est-africaine des années 70 et influences arabes traditionnelles, que des compositions dont l’évidence et la sincérité nous rendent à la fois exotiques et familières. La chanteuse expose ses thèmes tout en finesse, avec une soul discrète. Nommée « the new star of Nubian pop » par The Guardian, elle survole avec une grâce déconcertante les compositions, de sa voix parfois proche et nue, pour prendre soudain de l’altitude vers un refrain planant.

Second album avec son groupe, les Nubatones, Manara fait suite au fondateur Silt  sorti deux ans plus tôt, mais c’est avec le beatmaker français Débruit qu’Alsarah avait enregistré son premier opus en 2013, le prometteur Aljawal, mixant avec élégance ambiances orientales et musique électronique. La trajectoire de cette « new star » sera à observer avec attention, mais elle brillera avec la même intensité que l’on pose son télescope à New York, à Karthoum ou à Paris !

Alsarha – chant ; Nahid – chœurs ; Mawuena Kodjovi – basse ; Brandon Terzic – oud ; Rami El-Aasser - percussions


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