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Carlos Malta Thomas Clausen, Dreamland (Stunt)

Le label danois Stunt Records semble ces derniers temps tourner ses regards vers l’Amérique Latine en éditant des albums de musiciens brésiliens (le groupe Pau Brasil) ou en donnant à des musiciens locaux ou résidant en Scandinavie la possibilité de vagabonder sur les rythmes de l’hémisphère sud (Blanco Y Negro/ Timbero). C’est à une approche mixte que convie Dreamland en conjuguant la rencontre du pianiste danois Thomas Clausen avec le saxophoniste poly-instrumentiste brésilien Carlos Malta. A ce duo, s’adjoignent le bassiste brésilien Romulo Duarte et le percussionniste Niclas Campagnol. Toutes les compositions et interprétations du pianiste s’abreuvent aux sources de l’esthétique foutraque du lutin nordestin Hermeto Pascoal, aux albums d’Egberto Gismonti parus sur ECM ou sur son propre label Carmo ainsi qu’à l’esprit du choro carioca. Il faut reconnaître que le danois se plie bien au jeu de l’enchevêtrement des flûtes et les dialogues qu’il tisse avec Carlos Malta en remontreraient à plus d’un.

Pour les amateurs invétérés de musique brésilienne, Carlos Malta n’est pas un inconnu, loin de là. Ce désormais quinquagénaire est apparu au début des années 80 au sein de la formation de Hermeto Pascoal chez qui, à vingt ans, il apprendra  l’impératif d’être un poly-instrumentiste aguerri, passant des heures et des heures à répéter. Avec celui que ses musiciens dénomment affectueusement «  campiao » (champion), il participera à la réalisation de cinq disques et viendra plusieurs fois en tournées en France. Une fois la carrière de soliste engagé, Il se produit auprès du chanteur Lenine et fonde le quintet Pifano Muderno. Comme il est particulièrement difficile de s’évader de l’influence de Hermeto Pascoal, il perpétue les déambulations autour du public lors de ses prestations scéniques et son esthétique (travail sur les timbres et la polyrythmie pour une sorte de folklore imaginaire) colle encore aux enseignements libertaires du maître.

Dreamland part sur les traces de Tom Jobim en bossa nova et en passe par le choro. L’album ne manque pas d’attraits mais il est un peu long, parfois un peu trop prévisible dans ses délires ; il me semble préférable de se reporter aux albums personnels de Carlos Malta au sein de sa formation Pife Muderno.

Chroniques - par Philippe Lesage - 30 janvier 2018


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