Indispensable!

Blay Ambolley, Ketan (Agogo records)

En 1973 Gyedu-Blay Ambolley enflammait les pistes de danse ghanéennes avec son tube « Simigwa-Do », mêlant avec bonne humeur guitares afro, cuivres jazz et chant proto-hiphop. A 70 ans, le songwriter/chanteur/producteur n’a rien perdu de sa verve, et fait une fois encore la démonstration que la recette de son afrofunk coloré a de beaux jours devant elle. Dans la tradition de la Highlife music, qui mêle mélopées traditionnelles et instrumentations occidentales, Blay Ambolley puise toujours largement son inspiration dans le jazz et ses progressions harmoniques.


Pour son trentième album, dans un tempo « cool », la rythmique hypnotique des percussions laisse la part belle à un Rhodes planant qui égraine des mélodies acidulées, contrastant avec l’énergie électrique des cuivres et de la ligne de basse, quand les patterns arpégés de guitare ou de piano évoquent le « caliente » de la musique afro-cubaine. En grand prêtre de ce courant musical, qu’il a contribué à diffuser à travers le monde par ses tournées en Afrique, en Europe, au Canada et aux Etats Unis, le maître de cérémonie pose sa voix de conteur africain sur les morceaux sans toujours chercher à s’immiscer dans le jeu des musiciens.


Evoquant parfois la diction mi-chanté mi-parlée d’un Francis Bebey, parfois la sensualité d’un Barry White (il faut écouter le torride « It’s Alright » et ses chœurs lascifs), Blay Ambolley fait preuve d’une aisance et d’une liberté qui en font une personnalité très à part dans le monde de l’Afrobeat. Dans cet opus à l’énergie implacable, le chanteur s’offre le luxe, pour notre plus grand plaisir, de reprendre le morceau qui l’a révélé au public il y a plus de 40 ans !
 

Chroniques - par Xavier Leblanc - 22 juin 2017


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