Vakia Stavrou, Alasia (Accords Croisés/Pias)

C’est la légende : l'île de chypre serait le lieu où naquit Aphrodite, la déesse de l’amour.

Et c'est bien d'affaires de cœur que la chanteuse chypriote parle dans ses compositions mélancoliques, de ses « souvenirs d'étés passés au bord la mer, des nuits passées sous les étoiles, la nostalgie, les amours blessées, les promesses oubliées », confie-t-elle.

 

Dans « Black Bossa » Vakia chante avec sa très belle voix pure, sensuelle et puissante : « il est vraiment trop tard pour effacer tous les mots que tu as gravés sur mon corps »... Après quelques secondes où elle commence a cappella, elle est rejoint par Octavio Angarita, dans un très beau contre-chant à l'archet. Mais l'île de l'amour n'est pas le seul nom de l'île emblématique de cet album. Alasia en est aussi une appellation, qui voudrait dire au milieu de la mer "embrassée par la mer".

Comme avec toutes civilisations insulaires, ce disque est une invitation au voyage. Et particulièrement dans « Pare Fora »  où Carlos Bernardo rappelle le chant des bouzoukis grecs traditionnels avec son jeu instrumental. L'aventure continue avec les deux morceaux « O Meu Peito Diz » et « Dia Sem Mim » écrits par le romancier portugais José Luis Peixoto, seules chansons de l’album que la chanteuse n'a pas écrites et qui apportent une touche plaintive et plus hispanique. Vakia Stavrou chante en anglais pour exprimer son invitation au voyage dans « Stay » où le guitariste engendre une ritournelle enivrante, avec une rythmique de pompe manouche.

Vakia Stavrou n'en est pas à son premier projet. Anemoessa (2010) et Portrait nous avaient déjà présenté son talent. Mais son style s'affine avec Alasia, entre fado, bossa, folklore grecque et jazz, le tout poussé par une envie de plus. Elle devient en fait une ambassadrice de la nouvelle vague musicale grecque.

Vakia Stavrou : Chant, guitare, composition - Carlos Bernardo : Guitare, arrangement - Guillaume Robert : Contrebasse– Inor Sotolongo : Percussions - Octavio Angarita : Violoncelle

Chroniques - Par Jean-Constantin Colletto - 8 mars 2017


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