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VioletazulCanciones del Sur (Momentanea)

Pour une totale transparence, avouons que nous ne savons rien d’Elisa Arciniegas Pinilla (chant, percussions) et de Cristian Vergara Aguilar (guitare, cuatro, charango, chant) sinon qu’ils sont d’origine latino-américaine, qu’ils sont jeunes et qu’ils résident en France. On imaginesans peine et avec une certaine envie leurs soirées entourées d’amis : la guitare passe de main en main ettous les participants entonnent les refrains connus par cœur des chansons qui font la grandeur du répertoire du continent sud – américain. D’ailleurs, selon le livret, le projet de Violetazul (violetbleu) est né par hasard d’une de ces soirées où les invités de plusieurs nationalités se croisaient.

Nos deux jeunes artistes ont vite décelé que la connaissance actuelle de la musique latino-américaine en France était des plus réduite, s’en tenant le plus souvent à la salsa, à la bossa nova, aux sambas ducarnaval brésilien et aux chansons délivrées par les «  pépés » du Buena Vista Social Club. Rappelons seulement que pour les générations des décades 1940 à 1960, le mambo, le cha – cha – cha, le boléro, le tango tenaient le haut du pavé dans le monde occidental à la radio et dans les films. Autres temps, autres mœurs.

C’est donc une belle idée que de remettre sous les feux de la rampe des chansons parfois folkloriques ( «Papel de Plata» de l’Altiplano) ou plus récentes venues de Cuba, de Colombie ( «La Diosa Coronada» de Leandro Diaz), du Pérou ( « Negra Presentuosa» d’Andrès Soto), de République Dominicaine ( «Amapola «  de Juan Luis Guerra), du Venezuela ( «Tonada de Luna Llena » de Simon Diaz), du Chili ( « La Jardinera » de Violeta Parra), d’Uruguay ( « Al Otro Lado del Rio» de Jorge Drexler) , d’Argentine ( «Clavelito Blanco» de Justiniano Torres Aparicio) et du Brésil( « O Leaozinho» de Caetano Veloso) et j’en passe.

Se souvient – on que le chanteur cubain Silvio Rodriguez (dans le cd , est repris «  El Mayor ») fut une voix majeure de la «  Nueva Trova Cubana »  (un peu militante sous l’emprise castriste) ? Soncopain Pablo Milanès et lui –même eurent un réel impact dans tout le continent. Ils étaient venus chanter à l’Unesco à Paris en 1981 et assistèrent, bouleversés, au dernier concert donné par Milton Nascimento au théâtre de La Ville. Certaines de leurs chansons furent reprises par Chico Buarque et bien d’autres brésiliens. Se souvient-on de La chilienne Violeta Parra, une sorte de Woody Guthrie en jupons, proche de Joan Baez dans le look et l’esprit folk ? Elle avait résidé environ deux années en France avant de s’en retourner dans son pays où elle se suicidera par amour à cinquante ans (lors de la dictature de Pinochet, ses enfants Angel et Isabel vivaient en exil à Paris). On ne présente plus le brésilien Caetano Veloso, par contre, l’uruguayen Jorge Drexler, musicien talentueux , mériterait de prendre la lumière.

Par sa formule minimaliste Chant/guitare, par le timbre même de voix d’Elisa Arciniegas Pinilla et par la lecture esthétique, Canciones Del Sur renvoie aux années folk qui firent le bonheur des étudiants dans les années 1960/70. Cela sonne encore un peu tendre et impersonnel mais le projet mérite d’être poursuivi.  Les textes des chansons sont présents dans leur version originale espagnole (et portugaise pour «  Leaozinho » de Caetano Veloso) et aussi traduits dans le livret.


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