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Onom Agemo & The Disco JumpersLiquid Love (Agogo Records)

 

Ce n’est pas sous la lumière blafarde d’un stroboscope que vous invitent à vous trémousser les Disco Jumpers d’Onom Agemo, mais dans un club imaginaire aux couleurs de l’Afrique, dans un décor aux motifs zébrés et bariolés, un verre de cocktail jaune fluo à la main.

Après quelques gorgées de leur « Liquid Love », vous voilà transportés dans un kaléidoscope musical psychédélique, qui assemble puis décompose tour à tour les ambiances funk, les transes électro, les grooves minimalistes et les polyrythmies afro-beat.

 

Autour de la piste de danse les instruments se répondent, synthé, saxophone, guitare, basse, orgue et batterie, pour définir ensemble un motif dont chacun fera évoluer inlassablement les contours, explorant sans fin les imbrications de la mélodie dans la construction rythmique. Le quintette berlinois, après un premier LP (Carpets and Cranes) qui revisitait avec une bonne humeur contagieuse les pistes de la musique gnawa, mandingue ou éthiopienne, revient en 2017 (presque deux ans plus tard) avec un nouvel opus qui ne passera pas inaperçu !

Leur boule à facette reflète à nouveau les rythmes et les harmonies qui étincellent et font vibrer l’Afrique du Maroc à l’Ethiopie, mais le combo développe cette fois une l’esthétique qui emprunte à la musique électronique, par réminiscence des expérimentations d’un Manu DiBango, d’un Francis Bebey ou d’un William Onyeabor. Le ton est donné dés la première piste de l’album, avec un « Liquid Love » electro-funkaux riffs de synthé incisifs. Il faut également écouter ce roi panda étrange « Weird Panda King » se mouvoir sur un tempo cadencé, dans les limbes d’un vocoder hypnotique !

Chacun des cinq premiers morceaux est un Rubik’s cube que l’on peut retourner à loisir, pour en découvrir la juxtaposition des facettes et la cohérence implacablement ludique de la rythmique. Pour le manipuler et le reconstituer mentalement il faudra entrer dans une transe cataleptique ! Mais dans cet opus, décidément plus aventureux, plus personnel que le précédent, l’on découvrira également au fil des écoutes des influences Krautrock émaillées d’éruptions free-Jazz intempestives.

Ainsi les dernières pistes forment-elles un album dans l’album, avec un morceau (« somebody ») en quatre actes, qui s’ouvre d’abord sur un hymne polyrythmique chanté par un trio pygmé, avant de plonger un saxophone déchaîné qui hurle de désespoir dans la lave en fusion de la section rythmique. Le troisième acte renoue avec une house music acoustique et colorée, pour réintroduire enfin l’hymne introductif en forme de conclusion.

Liquide la love-music d’Onom Agemo ? Bouillonnante !

Onom Agemo & The Disco Jumpers:
Johannes Schleiermacher – Saxo et synthé ; Jörg Hochapfel – orgues et synthés analogiques ; Kalle Zeier - guitare and vocoder ; Kalle Enkelmann – basse ; Bernd Oezsevim – batterie.

Special guests:
Maria Schneider - percussions (Kuriuna & Somebody), chant (Liquid Love & Somebody) ; Natalie Grefel – chant sur Somebody ; Olga Xavier – chant sur Somebody


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